ELLE ET MOI
Elle et moi toivt en blanc, cheveux à l'air, hras nus, C'est peut-être le sport ardemment soutenu Qui nous fit rechercher à cet endroit de l'ombre. Ou c'est quelque savant et mystérieux nombre Qui dans le moi's de juin, le plus vert de l'été, Attire d'un vers l'autre, avec dextérité. Ceux dont J'âge est aussi dans «a fraîche abondance; Ou simplement, encor, par ce temps de vacance, Nous nous étions trouvés en'seniblc dans ce lieu Parceque, né poète et bon, le Richelieu Donnamt un coup de faux à travers les érabâ'es, Laissa, pour que ses bords devinssent désirables, I'"leurir des églantiers parmi le foin d'odeur. Le calme et le gazon créaient de la tiédeur.
66 LES lOKCES
Le vent chan.oeak à volonté le jeu des rides. Chaque rire tranchait sur le brviit des rapides. Distrairenicp.î. d'accord nous tordioiT.^ en nos doigts Des ti.çes. Par delà 'le Bassin et les bois Le soleil, avant de plong-cr dans son alcôve, Venait sur l'eau jeter du vert pâle et du mauve. Nous discutions nos goûts, nous jasions des amis, Des gars qui, les bons soirs, cherchent femme parmi Les fille.s de trois paroisses; des vieux, des vieilles Que mal.^ré leurs portraits sur zinc, faces vermeilles. Nous ne pouvons imaginer autres qu'ils sont. Oh ! nous 'la savion-s bien la mondaine façon Qui nomme 'le silence un lèse politesse, Et les thèmes étaient suivi^ avec prestesse Hors un seivl, celui-Jà, certes, le plus joli. Le soleil flambait, rouge, au-delà de Chambly, S'abîmantr peu à peu happé par le vertige. Ses nuages cuivrés et bleus nous les aimions. Eau de moire... vent nul... des silences... grillons... Et nous tordions toujours entre nos doigts des tiges.
nOTS ET CHOSES
Ma chère, si vous tenez A riionime qui vous adore, Xe lui jetez pas au nez Ce mot rebelle et sonore :
Liberté.
C'est bien d'espérer la chose, Mais non pas de s'en vanter.
Si l'on veut Q-açner sa cause.
68 LES FOKCKS
.Autre mot qui sonne mal Et dont l'homme se méfie.
Ne dites jamais, au bal :
Philosophie.
Sinon, parmi les danseurs Dont beaucoup se laissent prendre, \'ous cueillerez des causeurs PJutot qu'un amoureux tendre.
\'ous avez suivi des cours X'en prenez pas avantage Si vous pressentez un jour, La demande en mariage.
L'aspirant, les sens troublés Perdra vite patience Si, follement, vous parlez Science.
If^'