‹ Les forces ennemis, comédie en 3 actesChapitre 4 sur 24 · SCÈNE V HÉLÈNE, Valcour, Sarmont, Adrien · texte numérisé non relu

SCÈNE V HÉLÈNE, Valcour, Sarmont, Adrien

Adrien

Ils ti'ont donc pas pardu cette mauvaise habitude de te taquiner ? Et encore quand je ne suis pas là I Il y a longtemps que f aurais dû être de retour... Mais Vétat du malade est bien triste.

HÉLÈNE

De quO'i souffre-t-il, ce malheureux?

Adrien C'est un ouvrier attei7it d'intoxication saturnine. Valcour

Quel est son métier?

Adrien Polisseur de marbre.

YALCom

Quoi! ce métier-là empoisonne aussi?

Adrien

Certainement. Les ouvriers qm font resplendir les marbres de nos palais manipulent de la limaille de plomh.

Sabmont

Vraiment! Comme notre charité est encore ignorante!

(A ce moment le domestique apporte le thé.)

Adrien

On préfère ne pas savoir comment sont faites les belles choses que nous admirons, mais les médecins le savent, eux qui se penchent sur ces corps ravagés...

Yalcot-r

Les pauvres enfants qui sont nés de tels pères, de telles mères! C'est cela qui doit nous encourager à accomplir l'œuvre pour laquelle nous sommes réunis.

Oui, toutes ces causes de dégénérescence physique, je les ai étudiées de très près, depuis des années. Le triage des chiffons souillés donne la variole et d'autres affections contagieuses; la verrerie communique la syphilis et rindustrie sucrière la nécrose du palais et des dents, ain^i que les ophtalmies purulentes; les tanneries, les fabriques de brosses, les lavoirs de laine

sont les pourvoyeurs de la tuberculose, de la diphtérie, du, charbon. Dans les briqueteries, on contracte la fièvre typhoïde... Et que dire de la céruse et des allumettes chimiques?...

Yalcoi'u

C'est à donner le frisso7i..

Adkiem

Il est temps d'agir, de j^oicsser un cri d'alarme.

Sarmont

Sauveras-tu ce pauvre mari que tu soignes?.

Adrien

Je l'espère. Mais guéri aujourd'hui, il continuera demain à creuser son tombeau. Il faut qu'il mange, que sa famille mange! Il ne nous reste pas autre chose à faire que de nous occuper de l'avenir.

Je vais chercher notre dossier.

(Adrien va à une armoire d'où il extrait une liasse de papiers. Pendant ce temps, Hélène sert lo thé.)

HÉLÈNE

Vous voyez que vous avez eio tort de voidoir m'inspirer des inquiétudes? Adrien n'a pas même soigné une jolie femme.

Adrien (déposant le dossier sur la table.)

Que disaient-ils donc, ces sacripants?

HÉLÈNE

Je te le dirai au risgve de te hrouiller avec eux... Ils trouvent extraordinaire que je ne sois pas jalouse.

Sakmont

Pas extraordinaire ! Je proteste.

Hélène

Diaprés Sarmont, la femme d'un médecin devrait vivre en continuelle angoisse. Il est exposé à toutes les séductions...

Adeien (badinant.)

Donc, cher ami^ je suis iine perpétuelle menace pour la paix de notre ménage! ... Décidément, j^ai eu tort d'être en retard... Nous aurions parlé de notre œuvre sociale et vous n'auriez pas eu l'occasion de jeter le doute dans l'esprit d'Hélène.

HÉLÈNE (badinant.) Mais ne crains rien. Je ne doute pas de toi.

YALCOrB,

Nous sommes tous co?ivaincus que tu es le meilleur des maris.

Sabmont

Et c'est une boutade qui tout à coup nous a entrai' nés dans des théories conjugales à jyerte de vue.

Adkien

Une façon de passer le tem2is ! Mais que disiez-vous?

Sakmont

Ta femme déclarait que l'amour sans la confiance n'est pas de l'amour.

Adrien

C'est vrai. Elle a raison. Et la confiance doit tire

réciproque.

Saemont

Je n'y ai pas contredit. Mais la confiance jjeut ne pas se justifier. Je jmrle, hien entendu, d'une façon générale. On a été fidèle hier ; on est infidèle aujourd'hui. Nous sommes entourés de chausse-trappes. L' occasion, fait le larron. Derrière les arbres de la route s' embusquent les folles tentatrices et il suffit que leurs sourires soient sensuels... Excusez-moi si je parle ainsi. J'ai été provoqué. Je me défends. La morale et les lois religieuses qui ré^frouvent l'adultère et ne condam7ient pas V inconstance dans l'amour libre admettent l'union sans amour, par intérêt. C'est trop bouffon! La chair est faible et les serments les plus solennels échangés au clair de la lune ou devant M. le maire ne résistent pas aux premières traîtrises de la passion. La cause de la trahison est dans notre nature et non dans la volonté de trahir...

HÉLÈNE

Quel psychologue! Vous dites que la trahison est dans notre nature, mais la force de caractère y est

atissi. Et la force de caractère unie à Va/mour rend invincible. Remarquez ([ue je ne dis pas seulement cela pour ceux qui ont contracté mariage. J'en pense autant pour ceux qui ne veulent sacrifier qu'à l'amour libre.

Valco"ub

En ce cas, Madame, votre théorie n'a de valeur qu'eu égard aux individus.

Saemûxt (s'adressant à Adrien.)

Mon cher, avec une femmi comme la tienne, le Grand Turc peut t' admett^'e à visiter son sérail.

YALCOrR

Il n'y a 2)as même de danger qu'il y séjourne.

J'en serais charmé. J'adore les Orientales... esthétiquement. Mais ne te moque pas Projy- Tu n'es pas marié, et tu ignores donc tout ce que la conscience de la sécurité absolue a d'agréable et de reposant. As-tu déjà traversé les gorges d'une rivière torrentielle? La Suisse en compte d'admirables. On suit sans nulle difficulté un étroit chemin taillé dans les roches et il suffit d'un regard jeté dans le fond pour mesurer un effroyable abîme où les flots croulent dans des ruées d'écume. Eh bien, on marche so/ns crainte parce qu'une solide balustrade garantit contre la moindre distraction ou le vertige le plus périlleux. Voyezvous, nos idées sur le mariage ont ceci d'utile qu'il nous est permis, chacun de notre côté, de jouir d'une

liberté complète sans éveiller de malveillants et torturants soupçons. J^aime le flirt, je V avoue. La société de femmes charmantes, distinguées et spirituelles est une des choses les plus suaves qui soient au monde. M'en priverais-je par peur des ragots ou par crainte de porter ombrage à ma femme? Nous sommes tous deux bien au-dessus des préjugés du monde et quant à Hélène...

HÉLÈNE

•Je connais mon mari; je suis donc sûre de lui.

Adrien

Moi, je connais ma femme; je suis donc sûr d'elle.

Saemont

Vous le croyez, Madame, réfractaire à toutes les épreuves?

HÉLÈNE

Tel que je l'ai étudié, je crois pouvoir dire: oui!

Saemont

Vous n'auriez pa^ même peur d'une vieille passion qui se met à reverdir ?

HÉLÈNE

OIi f je sais que fout homme a eu, avant de se marier, des passions ou des passionnettes, mais j'ai foi dans l'honnêteté de mon mari.

Adrien

D'ailleurs, je ne lui ai pas laissé ignore^- mon j/assé.

Je lui ai raconté toutes mes folies de jeune homme. Elle sait dans quels enivrements j'ai vécu, mais aussi combien étaient souvent artificielles les joies de cette époque.

Hélène

C'est vrai. Il m'a dit tout cela.

Adrien

J'ai vu tous les mondes de bien jjrès, le grand et le demi, et même d'autres encore. J'y ai beaucoup observé et beaucoup appris. Je ne regrette pas de les avoir traversés, comme fait un touriste qui visite la Chine et n'oublie pas ses maisons de thé. Aujourd'hui je suis hanté de rêves humanitaires, parce que je vois partout des injustices et des abus. Mais je suis persuadé qu'on ne saurait y porter remède ni par des barricades, ni à coups de bombes. Il faut donc étudier notre ordre social dans son fonds et son tréfonds, analyser les plaies suppurantes, alléger les souffrances.

Sarmont

Tu as eu plus que des relations superficielles...

Adrien

Mais oui, j'ai eu des maîtresses, comme tout le monde...

Sarmont

Il en est une surtout dont tu dois avoir gardé un délicieux souvenir ?

Adeden Oui, en effet, il y en a uive...

Sakmont Et d'elle aussi, tu as parlé à ta femme ?

HÉLÈNE

Luciennel

Sasmont

C^est adorable!

VALCOrR

C'était U7ie créature étrange.

Sakmont

Et elle Vest restée. Je la revois encore de temps à autre, chez elle. Je connais presque, tous les familiers de sa maison.

Adrien

Je ne crois pas V avoir jamais aimée autant qu'elle m'aima. Elle avait l'allure d'une grande dame, l'esprit d'une intellectuelle, le charme d'une ensorceleuse, qu'elle était d'ailleurs...

Valcox-r Diable l

Sabmont

Si vous n'avez jamais été jalouse, Madame, vous allez le devenir.

HÉLÈNE

Croyez-vous?

Sabmoîît

Comment donc fis-tu sa connaissance? Je ne Vai jamais bien su. Je crois me souvenir que c'était à l'hôpital...

Adrien

Un jour, étant interne à l'hôpital, une infirmière vint me trouver et me dit:

— Une jeune fille de la salle 15 vous prie instamment dz venir auprès d'elle. — Elle n'est pas dans mon service, fis-je observer. — La chose ne regarde pas votre service, paraît-il, me répondit l'infirmière.

Très intrigué, je me rendis auprès de la malade, qui me dit:

— Excusez-moi si je vous cause ce dérangement. Il m'est revenu que vous vous êtes beaucoup occupé de la philosophie de Nietzsche. J'ai lu la plupart de ses livres et il en est un que je ne me suis pas encore procuré. Je brûle de le lire; c'est: Ainsi parlait Zarathoustra. N'auriez-vous pas l'obligeance de me le prêter si vous l'aviez dans votre bibliothèque?

Je me trouvais en présence d'une jeune femme, aux traits fins, le visage fort mat et pâle, auquel l'encadrement d'une belle chevelure noire donnait quelque chose d'extraordinairement captivant. Elle m'apprit qu'elle avait fait sa médecine, fréquentant surtout des étudiantes russes et polonaises, et que, n'ayant pas de famille à Paris, elle s'était fait transporter à l'hôpital. Elle avait souffert d'une angine et était erk pleine convalescence. Je possédais dans ma bibliothè-

qibe le volume qu'elle m'avait demandé., mais j'aimai mieux faire l'achat d'tin cxemjylaire, que je lui envoyai le lendemain. Je reconnais qu'elle me troubla beaucoup. Elle était bizarre, d'une conversation pleine d'intérêt et d'imprévu. Quand elle fut sur pied, j'allai la voir chez elle, attiré com,me par une force invincible. Elle me raconta un peu son passé et je sus qu'à une vie assez accidentée, avaient succédé des jours plus calmes, consacrés à la lecture et à l'étude des questions les 2Jltis arides, si étrangères de coutume aux préoccupations d'une femme. Je la revis souvent et une grande intimité s'établit entre nous. Je ne le cache pas: elle devint ma maîtresse. Elle .^'était attachée à moi profondément, de tout son cceur, et ce qui m'avait surfout jjoussé vers elle, c'était la vivacité de S07i intelligence, l'élan d'une nature généreuse, compatissante aux vaincus, aux opprimés, aux meurtris de ce monde, souffrant de la souffrance des autres; c'était encore l'originalité de sa conception de la vie, très au-dessus des préjugés ordinaires, et je ne sais quel exotisme chez tine femme nullement» exotique, puisqu'elle est Française. Il jmraît ce2}endant que sa grand' mère était Lithuanienne.

VALCOrR

Un jmre.il éloge, Madame, vous laisse insensible?

HÉLÈNE

Tout à fait.

Valcotjr Lucienne habite toujours Paris?

Sarmont

Certes! Et elle est devenue riche à la suite d'un gros héritage. Je comptais même me rendre chez elle j^our une souscription à notre œuvre et je suis certain qu'elle la donnera.

Adrien

Il y a huit jours, je l'ai entrevue quittant la maison où elle a son appartement, rue de Grenelle.

Sarmoxt

Le cœur t'en a battu, à la voir ainsi subitement?

Adrien

Il en a eu un petit choc, je le reconnais. Mais enfin, vous dis-je, je ne l'ai jamais aimée... comme on aime une autre femme... comme j'aime ma femme... Pour moi, elle n'a été ciue grisante d'esprit et de sens...

YALCOrR

Mais il n'en faut /j«.s plus poiMr être très dangereuse...

Sarmont

Vous ne la craignez nullement, Madame?

HÉLÈNE

D'aucune façon.

Sarmont J'applique ici ma pierre de touche... Si vous appre-

tiiez que votre mari retourne de temps en temps chez Lucienne, que diriez-vous?

HÉLÈNE

Il me l'aurait dit.

Adeien

En me mariant, je me suis promis à moi-même de ne plus la revoir.

Saemont

-Et si pou/r mettre à Vépreuve votre confiance et sa fidélité, je vous disais: permettez à Adrien de la revoir, de se rendre chez elle, ne fût-ce qu'urne seule fois, que répondriez-vous?

HÉLÈNE

Cela, non!... (Hélène paraît tout à coup en proie à une lutte intérieure). Eh bien! qu'il y aille! Je suis sûre de lui.

Saemont (s'adressant à Adrien.)

Eh bien! Vas-y!

HÉLÈNE

Ah! monsieur le tentateur, vous croyez me rriettre au pied du mur, vous doutez de nous deux, vous vous imaginez que dans ce grand Paris perverHsseur, il n'y a plus de vrai et de sincère amour possible, vous vous dites aussi que la meilleure garantie de la félicité repose dans les conventions sociales, qu'il faut

obéir aux préjugés ef< que la grimace supplée à la franchise! Vous ne voyez autour de vous que de faux boiiheursj, de fausses joies, parce que le monde fourmille de faux bonshommes. Partout le sourire cache la honte ou l'impatience de se venger, ou la hâte de la trahison. Quand on fait le mal, on se dissimule, on file le long des murailles, la nuit, enveloppé d'une cape sc^mhre, dépistant les indiscrets, donnant le change à ceux qui pourraient Vêtre. On ne fait Hen de tout cela au grand jour! Mais au grand jour on est vertueux, on est irréprochable, on est héroïque!

Adrien

Si j'y allais, j'irais au grand jour. Et après tout, pourquoi n'irais- je pas? Je constate que m,a femme a encore moins de préjugés que moi.

HÉLÈNE

Quand on veut vivre en dehors des conventions sociales et n'agir qu^ selon les principes de la raison pure, je soutiens qu'il est injustifiable qu'un mari ne puisse revoir son ancienne maîtresse, si son intention sincère est de rester fidèle à sa femme.

Adrien

Pourquoi deux êtres qui ont vécu dans une intimité étroite ne peuvent-ils plus se rencontrer? Powrquoi faut-il que le mariage de l'un d'eux les sépare?...

HÉLilNE

...aux yeux du monde honnête!

Adrien

Pourquoi doit-on enfouir ce passé dans un trou noir, où l'on a peur de jeter un regard, co'Tïime dans une fosse où l'on amoncelle du fumier?

HÉLÈNE

Je respecte ce passé. Je resjyecfe cette femme qui a aimé sincèrement. Même une jjarcelle d'humanité vraie est respectable.

Sarmont

Vraiment, je commence à croire que vous jjrenez tout ce hadinage au sérieux!

HÉLÈNE

Ce hadinage est d'une haute portée morale. Valcot-r

Nous nous tenoïis pour battus. Ma parole d'honneur^ mon cher Adrien, tu serais capable d^ y aller!

HÉLÈNE

Il irait, ne fût-ce que jjour 2^^'ouver à moi-même que nous avons raison de penser ce que nous pensons, de dire ce que nous disons.

VALCorR (s'adressant à Adrien.)

Mais même ce fait extraordinaire et inouï d'aller revoir une ancienne maîtresse, du consentement de sa femme, ne te semble-t-il 2Jcis imjjossible et ne te

paraît-il i^^s choqu-ant de se rejjrésenter devant Lucienne après lone si longue absence?

HÉLÈNE

Je pense à cette reine qm, apiJrenant la mort tragique de son mari, fit avertir sa maîtresse et V autorisa à embrasser une dernière fois son royal amant... Pourquoi attendre jusqu'à la mort?... Adrien fera ce qu'il voudra.

Adrien

Notre rupture a été loyale. Mon retour peut l'être... Mais ce que tu crains, Valcour, c'est qu'il ne fasse jaser le monde, les parents, les amis, les inconnus...

HÉLÈNE

Qu'importe! Il n'y a que la conscience qui compte.

Adrien

Quel problème de morale tu fais surgir devant moi! Il me plonge dans un trouble profond. (Adrien s'abîme en des réflexions.) Si maintenant, chers amis, nous reparlions un peu de l'objet de votre visite? Cet intermède a assez longtemps duré. Avez-vous abouti dans vos démarches? Ceci n'est plus un problème moral, mais u-n problème social. (Compulsant une liasse de papiers.)

HÉLÈNE

Tout s'enchaîne! Nous voulons rénover le monde ei ne sommes 2}as encore parvenus à changer nos mœurs.

Le yrohleme moral touche au problème social. Le riche qui est pétri de la même chair que le pauvre, se croit d'une essence plus délicate! Cest le préjugé qu'il faut d'abord abattre.

Adrien

Nous y travaillerons, mon amie ! Nous y porterons de formidables coups de hache (après une pause). Et, jiour commencer, je suis résolu à aller voir Lucienne !

Tu jyldisantes?

Du tout!

Sarmont

Adrien

Sarmont

Eh bien! moi je ne plaisante plus. N'y va pas. Elle est devenue si nerveuse, si étrange...

Adrien J'irai.

Sarmont

A certaines heures, elle est incompréhensible. Attends-toi à des surprises.

Adrien J'irai.

VALCora

Ne défie pas un amour assoupi.

Saemont

L'eau dormante cache la mort...

N'y va pas. Crois-moi.

Adrien

J'irai! Ce badinage peut avoir égayé votre esprit. Chez moi, il a réveillé ma conscience. Cela dit, permettez-moi de vous annoncer que j'ai réussi à réduire les devis des installations au minimum de la dépense. L'architecte Ballot m'a été fort précieux et il est d'un absolu dévouement. Les plans sont prêts. Nous devons tâcher d'obtenir le concours des pouvoirs publics.

YALCOrR

Le ministre est tout à fait favorable.

Saemoxt

Et moi, fai obtenu deux souscriptions superbes. Ah! parmi les financiers, il existe encore quelques braves gens...

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