‹ Les forces éternellesChapitre 118 sur 223 · IL EST DES MORTS VIVANTS · texte numérisé non relu

IL EST DES MORTS VIVANTS

« Je t'accueillais parmi mes forces végétales

« Pour mieux te proposer l'angoisse et l'infini,

c< Et pour que pénétrât dans tes brûlantes moelles

« L'odeur d'un univers qui ne peut t'étre uni.

« Je te disais : Voici, qui jamais ne se donne,

« Mou provocant azur, scintillant de moiteur,

« Voici ma nuit avec ses grands soupirs d'odeur,

« Et mon ciel effrayant dont tout regard s'étonne !

'( Voici mon vaste ciel, dont l'irritant éclat ^< Arrache un cri d'ivresse aux cervelles humaines ; « Voilà tout mon terrestre et céleste domaine, « Chère àme, pille-le ! — Je te disais cela

« Afin que, ne pouvant t'emparer des étoiles, « Ni tarir mes parfums humides et gisants, « Tu sentisses l'ardeur triste et sentimentale « Diriger tes soupirs vers un sein languissant.

« Je suis ce qui désire, et je suis ce qui tue.

« Mon cœur, plus que le flux et le reflux, actif,

» Ne peut s'intéresser qu a ce qui perpétue.

« Je dédaigne en riant un front grave et pensif. »

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