‹ Les forces éternellesChapitre 132 sur 223 · TU DIS QUE TU CONSENS · texte numérisé non relu

TU DIS QUE TU CONSENS

Tu dis que tu consens à mourir, comme si La distraite nature attendait de ta bouche Un aveu fait pour plaire à quelque amant transi Qui verrait s'avancer sûrement vers sa couche Le corps astucieux qui fut son long souci !

Pauvre esclave des lois formelles et secrètes, Te crois-tu donc acquise à ton propre vouloir? Qu'importe au dur destin que tu te dises prête, Ou que, te rétractant, tu souhaites surseoir !

Tu te crois préservée, étant le feu toi-même, De l'énorme brasier où tout est calciné ; Tu n'imagines pas qu'un jour, rigide et blême. Ton corps, par le repos, puisse être dominé. Oui, l'ivresse est divine, et tu te connais ivre De désir, de raison, de force et de douleur;

Page 1