‹ Les forces éternellesChapitre 172 sur 223 · C'EST APRÈS LES MOMENTS · texte numérisé non relu

C'EST APRÈS LES MOMENTS

Vous rêvez immobile, et je ne puis savoir Quel songe satisfait votre esprit vaste et calme, Et moi je sens encore un indicible espoir Bercer sur moi ses jeunes palmes !

Je ne puis pas cesser de vivre, mon amour! Ma guerrière folie, avec son masque sage. Même dans le repos veut par mille détours Se frayer encore un passage !

Et je vous vois content ! Ma force nostalgique Ne surprend pas en vous ce muet désarroi Dans lequel se débat ma tristesse extatique. — Que peut-il y avoir, ô mon amour unique, De commun entre vous et moi !

IL NEST PAS UiN INSTANT...

Il n'est pas un instant où près de toi couchée Dans la tombe ouverte d'un lit,

Je n'évoque le jour où ton àme arrachée Livrera ton corps à l'oubli.

Se peut-il que se rompe une veine qui porte Un même sang parmi deux corps,

Et que l'un des deux reste au moment que la porte Se ferme sur celui qui sort ?

Qu'advient-il de' celui que le destin néglige, De celui qu'on nomme vivant ?

Attend-il que la plaie à son côté se fige ? De quel fiel va-t-il s'abreuvant?

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