‹ Les forces éternellesChapitre 173 sur 223 · IL N'EST PAS UN INSTANT · texte numérisé non relu

IL N'EST PAS UN INSTANT

— Que valent donc les mots, les larmes, les caresses,

Le féroce accaparement E) un corps par l'autre corps, si ces promesses cessent

Au terrible et dernier moment ?

Qu'avons-nous souhaité dans le plaisir, cher être,

Si ce n'est d'être tour à tour Celui qui meurt, celui qui voit l'autre renaître,

Celui qui l'assiste d'amour?

Quand ma main sur ton cœur pieusement écoute

S'apaiser le feu du combat.

Et que ton sang reprend paisiblement sa route,

Et que tu respires plus bas,

Quand, lassés de l'immense et mouvante folie

Qui rend les esprits dévorants.

Nous gisons, rapprochés par la langueur qui lie

Le veilleur las et le mourant,

Je songe qu'il serait juste, propice et tendre

D'expirer dans ce calme instant Où, soi-même, on ne peut rien sentir, rien entendre

Que la paix de son cœur content.

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