‹ Les forces éternellesChapitre 180 sur 223 · PAROLES DANS LA NUIT · texte numérisé non relu

PAROLES DANS LA NUIT

Avec sa grande ardeur céleste et souterraine, Est toujours de moitié dans mes jeux et mes peines. Ce conciliabule ébloui où je vis Avec l'ombre agitée et les matins ravis M'a donné mon orgueil rêveur et solitaire. — Rien n'a jailli plus haut du centre de la terre î — Et parfois, retournant sur toi mes bras chargés De ce fardeau divin, invisible, léger, Je te parais, dardant mes yeux mystérieux, Un monstre lapidant un homme avec les cieux ! Tu ne peux déchiffrer cette énigme qui songe. Et pourtant, mon esprit, sans masque et sans mensonge, N'aime que toi, ne veut, ne peut aimer que toi, Et c'est ce qui me rend souvent chétive et triste ; Il est beau qu'un amour obstinément persiste Et qu'il soit comme un ciel d'automne, lisse et coi, Et qu'il connaisse aussi les misérables transes Que même un sur désir traine encore après soi. Mais quoi ! Ne plus goûter la subite présence D'un bonheur vague encor, d'un brumeux paradis, Ne plus rêver, d'un cœur craintif qui s'enhardit, A quelque inconcevable et neuve complaisance... Hélas ! N'écoute pas tous ces mots que je dis. Mais j'avais tant aimé l'espérance!

Page 1