‹ Les forces éternellesChapitre 56 sur 223 · SALUTATION · texte numérisé non relu

SALUTATION

Le vent matutinal, des coteaux à la rive

Bondit comme un troupeau d'agneaux qu'on délia.

Du balcon brasillant, suave perspective,

Le lac semble porté par les magnolias

Tant l'azur satiné se mélange à leurs branches ;

Et ce long flot soyeux tout uniment s'épanche

Dans les arbres charnus. Les oiseaux submergés

Se baignent dans les airs et paraissent nager.

Quelle amitié rêveuse et nostalgique lie

Cette franche Savoie à l'ardente Italie?

— Je pense à sainte Claire, à Jeanne de Chantai,

Et, dans ce gai septembre où l'air est de cristal,

Où les parfums ainsi que les rumeurs s'aiguisent,

J'entends sur le coteau, liquides et précises,

Les cloches des troupeaux tinter limpidement.

Et c'est, dans l'herbe verte où scintille l'éghse,

Comme un humble angélus offert pieusement

Par saint François de Sale à saint François d'Assise.

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