‹ Les forces éternellesChapitre 60 sur 223 · MÉLODIE MATINALE · texte numérisé non relu

MÉLODIE MATINALE

Qui palpitent avec des invisibles ailes,

Ni le bonheur léger du vent frais et mouillé

N'avaient fait tressaillir mon songe émerveillé !

Mais ce cri délicat, cette acide étincelle,

Ce verbe jaillissant, ce doux chant ébahi

Épandait jusqu'aux cieux une âme universelle...

— Et je songe à la voix, aux choses que tu dis, A l'enivrant péché du désir qui s'exprime ; Sans doute la parole était au paradis

Le fruit mystérieux, plein d'espoir et d'abîme, Qui fit le couple humain à jamais triste et fier.

— Je songe, ce matin, dans la tiède atmosphère, A la Musique avec ses cris dans le désert,

Aux sanglots, aux baisers, à tout ce qui libère Le grand gémissement du rêve dans la chair...

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