‹ Les forces éternellesChapitre 69 sur 223 · L'AUTOMNE · texte numérisé non relu

L'AUTOMNE

Donne aux pauvres humains la timide espérance Que la nature penche un instant sur leurs vœux Son grand battement d'aile, expansif et nerveux, Où l'âme reconnait sa fougueuse indigence.

— Et pourtant, ô brillant et nombreux Univers, Tous les morts sont couchés au funèbre revers

De ta belle cuirasse !

Tout ce que je respire est perfide et pervers : Tes paysages d'or, peints de pourpre et de vert,

Ont jailli de ces sombres masses !

Je ne te tolérais qu'avant d'avoir compris, 0 Terre! astre terni parmi les autres astres, L'injure sans pitié que tu fais à l'esprit. Lieu de déception et d'infinis désastres ! Enfant, je m'irritais d'appartenir à toi. Je trouvais ton ciel vide et ton contour étroit. Et je n'aurais jamais consenti la blessure De nouer à ton cœur les maillons de mes jours, Si tu n'avais alors, ù tenace Nature ! Fière de posséder cet éternel recours, Fait surgir à mes yeux, comme un soleil auguste P^r qui tout est certain, attirant, simple et juste, L'explosion suave et vaste de l'amour!...

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