‹ Les forces éternellesChapitre 7 sur 223 · CELUI QUI MEURT · texte numérisé non relu

CELUI QUI MEURT

Regarde longuement celui qui meurt. Voilà Ce que la guerre atroce à tout instant consomme : Elle puise en ce corps son effroyable éclat ; La gloire, c'est Verdun, c'est la Marne et la Somme, Une armée, c'est un flot compact et rugissant Où nul visage encor n'émerge et ne se nomme, Où des milliers de cœurs ont confondu leur sang, Mais un mourant, c'est un seul homme !

Un seul homme étendu : austère immensité !

Un seul, et tout le poids de la douleur sur lui !

Un seul supplicié sur qui tombe la nuit

Dans les champs. Seul vraiment. Pour lui s'est arrêté

Cet unanime élan de colère et d'audace

Qui l'emportait, puissant, multiplié, tenté,

Épars dans son effort, son espoir et sa race !

Il est seul, il n'est plus de ce groupe irrité

Qui harcèle àprement l'obstacle, et l'escalade !

Il est devenu seul. C'est le plus grand malade.

La mort délie en lui les cordes du héros.

Il est tout seul, avec sa chair, son sang, ses os,

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