‹ Les forces éternellesChapitre 8 sur 223 · CELUI QUI MEURT · texte numérisé non relu

CELUI QUI MEURT

Et toute sa chétive et faible exactitude.

Nul n'est semblable à lui : qui meurt n'a pas d'égaux.

Rien ne peut ressembler à cette solitude !

0 corps mourant à qui plus rien n'est marié !

— L'Histoire passe avec ses canons, ses lauriers, Son tremblement qui moud les routes et les mondes ! Mais cet enfant qui meurt ne sait. La lune est ronde Au haut du calme ciel où tous les yeux humains

Se posent sans conflit, cependant que les mains S'acharnent à tuer. Où sont les camarades De cet enfant qui meurt ? Mais les reconnait-on Ces guerriers dans la nuit, ces obstinés piétons Qui n'ont jamais tini de servir? A tâtons Ils continuent l'épique et sombre promenade.

— Et que pourraient-ils dire à celui-là qui meurt ? — Que vous avez vaincu, cher être, on est vainqueur Quand on est ce mourant sous les astres. Naguère Un homme seul, pareil à vous, sans qu'on l'aidât

Et sans que nul scrutât son suprême mystère, Mourut, pareil à vous, sans se plaindre, les yeux Semblables à vos yeux pleins d'espace. 0 soldats, Dont le sang juvénile a coulé sur la terre, Soyez bénis, chacun, comme peut l'être un dieu, Christ de la monstrueuse et de la juste guerre !

Juillet 19n.

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