‹ Les forces éternellesChapitre 82 sur 223 · ECLOSION · texte numérisé non relu

ECLOSION

Amère odeur des primevères,

Arôme inquiet, ingénu,

Posé sur le sol triste et nu

Du pauvre printemps qui s'avère,

Je sais votre effluve inconnu.

Votre odeur de froid et de terre.

Ce parfum timide, frileux,

Puisé dans l'abîme argileux

Où tout commence, où tout s'achève.

— Et voici qu'un subit oiseau

Jette une note étrange et brève.

L'espace est encor baigné d'eau.

Le ciel est gris. Pourtant le rêve

Que rapporte chaque printemps

Vient de naître en ce simple instant

Où la faible fleur, qui décide.

Avec son arôme ténu.

Que le bonheur est revenu,

A, dans le soir humide, acide,

Perçu le cri neuf, entêté,

D'un humble oiseau ressuscité...

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