‹ Les forces éternellesChapitre 98 sur 223 · PENSÉE DANS LA NUIT · texte numérisé non relu

PENSÉE DANS LA NUIT

L'averse communique à l'air un goût marin,

Le vent frémit ainsi qu'une immense flottille,

La lune entr'ouvre aux cieux un aileron d'airain,

Une étoile endormie à peine brille et cille;

Et je respire avec une ample volupté

Cette verte, élastique et fraîche crudité

Du feuillage content, qui, comme un hymne, élance

La pure odeur de l'eau dans le puissant silence !

Tout repose, l'air est mouillé conmie une fleur,

Chaque point de l'éther tranquillement s'égoutte,

Un vent plus vif répand sa subite candeur;

Je suis là, faible humain, je contemple, j'écoute.

Le vent noir vient à moi, et dans mon souffle heureux

S'élance avec l'odeur des torrents et des cieux.

Et mon cœur se dilate, et l'infini pénètre

La tristesse attentive et sage de mon être.

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