LE BASSIN DE LA BAIE JAMES ET L'UNGAVA, OU NOUVEAU-QUÉBEC
Cette région de la province de Québec couvre une superficie plus étendue que l’ensemble des régions précédemment décrites. Elle est, pour ainsi dire, inconnue, et n’est habitée que par des trappeurs au service de la compagnie de la baie d'Hudson, pour le commerce des fourrures.
Le gouvernement de Québer n’a jusqu'ici fait faire que des explorations préliminaires sur le versant sud-est de la baie James, mais la plus grande partie de l’Ungava a été explorée par la Commission Géologique d'Ottawe. Des renseignements assez précieux ont aussi été fournis par les missionnaires et les trappeurs.
Le plateau des Laurentides couvre la majeure partie de ce territoire dont l'altitude à l’intérieur varie de 1,000 à 2,000 pieds; sur le versant r .rd-ouest, l'altitude moyenne est de 500 pieds.
Tout le long de la côte est de la baie James, à partir de la frontière des provinces de Québec et d'Ontario jusqu’au cap Jones qui forme la pointe de la baie James, l'altitude tombe de 0 à 100 pieds, sur une largeur moyenne de 50 milles.
Dans la partie du plateau qui s'étend au nord du cap Jones et dont l'altitude varie de 500 à 1,000 pieds, les chutes des rivières qu’on y rencontre se trouvent relativement près de la côte. Le débit de ces rivières est très peu connu, mais il suffit de considérer l'étendue du bassin de quelques-unes d’elles pour avoir une idée de la quantité d’eau qu’elles débitent.
La longueur des rivières qui suivent varie de 200 à 600 milles:
Harricana, bassin de Nottaway L Broadback Rupert
East Main Grande Rivière Grande Baleine Koksoek
Raleine
Georges
Hamilton
La grande chute de l’'Hamilton (latitude 53030’, longitude 64030’ ouest) est cotée à 300 pieds de hauteur perpendiculaire. Mais d’après l'ingénieur W. Thibaudeau qui a exploré cette région en 1914, on pourrait obtenir, par les moyens d’un barrage et d’une dérivation à travers une
Under vis:
chaîne de lacs communiquants situés dans le voisinage, une hauteur de 960 pieds et une puissance brute dépassant un million de chevaux.
D’après les rapports sur les arpentages de ces régions, on rencontre un grand nombre de chutes variant de 25 à 75 pieds. Peu de personnes se sont intéressées jusqu'ici aux forces hydrauliques de cette contrée isolée ; une demande cependant pour acheter un emplacement sur la Nastapoca est actuellement sous considération. Les forces de cet emplacement sont évaluées à plus de 75,000 HP., et l’on se proposerait d’en utiliser une partie au traitement des minerais de fer qu'on a trouvés en abondance sur une île à quelque distance de là.
Conclusion. —D'après ce qui précède, on voit que la province de Québec est bien pourvue de forces hydrauliques, mais que la plupart des chutes d’eau ne sont pas de grande hauteur.
Notons encore que les emplacements de grande puissance, c’est-à-dire de plus de 50,000 chevaux et encore à l’état de nature, sont remarquablement situés pour desservir les villes principales. Ainsi, pour la région de la ville d'Ottawa, on trouve la chute des Chats et autres rapides de la rivière Ottawa; pour Montréal, en outre de ses sources d’énergie actuelles, les rapides du fleuve au Coteau, aux Cèdres, au Sault-Saint- Louis; pour Trois-Rivières et Québec, les forces de la rivière Saint-Maurice, régularisées par le plus grand réservoir du Canada, ; pour la région du Saguenay et de Chicoutimi, les rapides de la Grande-Décharge: enfin, pour le bas du fleuve, les chutes de Manicouagan et de la rivière aux Outardes.
La rive sud du fleuve est moins bien pourvue, mais on peut dire que pour les régions où la population est le plus dense, le Saint-François régularisé suffira à la demande pendant bon nombre d’années.
Revenons encore sur les avantages de la région du lac Saint-Jean, et en particulier, sur ceux de la Grande-Décharge : les conditions naturelles sont ici en effet, remarquables: la force est énorme, la navigation océanique est possible presque jusqu’à l'endroit où les usines seraient construites; la main-d'œuvre ne manque pas; un chemin de fer relie ce district à Québec et Montréal.
Enfin, nous dirons que la Commission des Eaux Courantes de Québec, corps relevant du gouvernement provincial, a pris en main l’amélioration du régime des rivières où les industries sont établies. On anticipe de cette politique beaucoup d'avantages, et tout indique, que dans la prochaine décade, les travaux de cette Commission produiront les fruits qu’on est en droit d’en attendre.
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