‹ Les forces hydrauliques de la province de Québec [microform]Chapitre 2 sur 13 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Le présent mémoire fut écrit pour donner à la ‘* Dominions Royal Commission", venue à Québec en novembre 1916, un aperçu général de l'importance des forces hydrauliques de la province et montrer leur distribution remarquable dans tout le pays.

Pour faciliter la compréhension de l'ensemble de la ouestion, il convenait de ne donner que peu de détails, mais le lecteur intéressé qui en désirerait davantage pourrait, dans certains cas, en oblenir de plus complets en écrivant au Ministre des Terres el Forêts, à Québec, et en spécifiant les rivières qui l'intéressent.

Ajoulons que depuis la rédaction de ces notes, un recensement drs usines hydrauliques de la province de Québec a exposé le fait que la puissance lotate des installations dépasse le chiffre de 825,000 chevaux.vapour.

Pour donner un aperçu général des ressources en forces hydrauliques de la province de Québec, nous diviserons son territoire en sept grandes sections, que nous subdiviserons elles-mêmes en sous-sections se rapportant directement aux rivières les plus importantes par leurs chutes ou par les usines qui y sont établies,

Avant d'énumérer ces divisions, if est nécessaire, pour faire comprendre quelles raisons ont déterminé leur choix, de décrire brièvement le relief du sol, et d'indiquer comment les agglomérations de population ont affecté, dans une certaine mesure, l’utilisation des chutes d’eau.

Malgré la vaste étendue de la province au nord du Saint-Laurent, la plupart des chutes qui ont été jusqu'ici aménagées, ou qui sont susceptibles de l’être dans un temps raisonnablement proche, sont situées à des distances relativement faibles du fleuve.

Le haut plateau Laurentien qui longe ce dernier sur sa rive nord, et une chaîne parallèle, rive sud, constituent, en effet, les reliefs principaux de cette régior et sont la cause des profils accidentés des rivières tributaires du fleuve, et par suite, des forces hydrauliques que ces dernières recèlent.

La chaîne de montagnes de la rive sud, prolongement canadien des monts Apalaches américains, s’avance depuis le 45° de latitude nord et de la frontière du Maine, jusqu’à l'extrémité de la péninsule de Gaspé. La largeur relativement faible de cette dernière, diminuée encore en quelque sorte, par le fait de sa division en deux versants, sur presque toute sa longueur. par la crête des montagnes que nous venons de dire, fait prévoir immédietement que les rivières qui en découlent, et par suite, les forces hydrauliques, seront de faible volume et d'importance secondaire.

Reportons-nous maintenant à l’extrémité ouest de la province, au nord du Saint-Laurent et de l’Ottawa. Là, on peut diviser le territoire en deux versants principaux, s’abaissant respectivement vers le sud et le nord, et dont la ligne de partage peut être placée approximativement au voisinage au chemin de fer Transcontinental National.

Au sud, les eaux retenues dans un grand nombre de lacs, s’écoulent, peu à peu, vers l’Ottawa, par de nombreux tributaires. Vers le nord, elles gagnent la baie James par des cours d’eau connus, mais à travers une région encore assez mal explorée.

L’altitude moyenne des lignes de partage des eaux dans les régions que nous venons d'indiquer, ne dépasse guère 1,500 à 2,000 pieds. Elle est même plus faible que celà (environ 1,000 pieds) dans la région du Nord- Ouest.

A cause de cette configuration, des innombrables lacs qui parsèment le versant sud des Laurentides, et des forêts qui s'étendent partout encore en dekors de la faible lisière riveraine du fleuve qui est habitée, le régime des eau: est assez régulier. Il faut cependant s'entendre sur cette expression. On peut dire que nous n'avons pas de torrents au sens strict du mot; mais la plupart des rivières—sauf le fleuve —ont cependant des variations de débit qui peuvent aiteindre le rapport de 1 à 10, 1 à 20, et même davantage. Le débit d’hiver est généralement le plus faible ; celui du printemps, correspondant à la fonte des neiges, le plus fort. Ces mêmes rivières touchent aussi généralement leur étiage vers la fin de l'été; mais le débit à ce moment, reste cependant un peu plus élevé que celui de l'hiver.

En gén“ral, la nauteur des chutes n’est pas très grande. Pour avoir une charge de cent pieds, de soixante, même de quarante pieds, souvent il faut concentrer la dénivellation des rapides au moyen de barrages ou faire d'assez longu»s dérivations par conduites forcées. Aussi a-t-on pu dire que les rivières de la province de Québec offraient la caractéristique d’avoir de nombreux sauts pour la plupart de faible hauteur.

Nous dirons maintenant quelques mots de la météorologie puisque la connaissance des précipitations atmosphériques est l’un des facteurs importants de l’étude des forces hydrauliques.

Météorologie.—D'’une manière générale on peut dire que le climat de Québec, au moins dans les districts peuplés, où des observations suivies ont pu être faites, est sensiblement uniforme; des étés beaux et chauds, des hivers secs et plutôt froids. Si l’on voulait un peu plus de précision, on pourrait diviser le pays en quatre sections, conformément aux données du Service Météorologique. comme suit :

Page 1