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R. Noire.—La Noire est un petit cours d’eau dont le bassin est inférieur à 300 milles carrés: un moulin hydraulique est exploité près de l'embouchure pour le commerce du bois.
R. Malbaie.—Cours d'eau à régime très variable par suite de sa forte
déclivité. Son bassin est de 795 milles carrés et s'étend jusque dans le Pare National des Laurentides. Il est parsemé de nombreux lacs dont les émissaires, au nombre de plus de trente-cinq, grossissent progressivement la rivière.
Une usine à pulpe et à papier, de premier ordre, est établie à quelque cinq milles de l'embouchure. On avait compté sur une production de cent tonnes de pulpe par jour, mais l’usine ayant été établie sans tenir compte du débit très irrégulie de cette rivière, le rendement escempté n’a pas été atteint. Les turbines fonctionnent sous une charge de 60 pieds.
Avec une régularisation parfaite du débit, on pourrait obtenir ici un rendement de 5,000 à 6,000 chevaux, mais la puissance minimum actuelle ne doit guère dépasser 3,000 chevaux. Le bassin de cette rivièr. «st bien boisé. La compagnie qui exploite cette usine est propriétaire d’unc réserve forestière de 390 milles carrés.
Il existe, sur le cours de cette rivière,un grand nombre d’autres chutes, soit dans les limites de la seigneurie soit dans le Pare, mais leur
aménagement sera coûteux.
R. Sainte-Anne —Son bassin est de 432 milles carrés. C’est un cours de Montmore..cy. d'eau à débit très varia ie, le rapport du minimum au maximum étant de 1 à plus de 60. On y rencontre plusieurs chutes intéressantes; notamment, les chutes de Saint-Joachim et celles dites ‘“‘les Sept-Chutes”’. Ces dernières ont été mises en exploitation récemment. L'usine est aménagée pour 24,000 chevaux sous une charge de 410 pieds, hauteur la plus considérable, croyons-nous, qui existe dans la province.
Toutefois, pour obtenir le rendement prévu, il faudra établir plusieurs barrages-réservoirs afin de régulariser le débit. Le Gouvernement doit incessamment étudier ce problème.
R. Montmorency.—lile arrive au fleuve à environ six milles en aval de
Québec; sa magnifique cascade verticale d'environ 268 pieds de hauteur est célèbre. Cependant, elle est plus pittoresque que puissante; son bassin n’a, en effet, que 387 milles carrés de superficie, et son débit est faible aux eaux basses. La capacité des générateurs de l’usine qu’on a construite pour utiliser cette chute, est de 3,300 K.W. Deux autres usines sont établies sur cette rivière.
R. Jacques-Cartier.—Le Jacques-Cartier, comme les trois précédentes rivières, prend sa source dans le Parc National. Son bassin est de’915 milles carrés. Il est question de régulariser son débit
Ancien moulin hydraulique, à Pont-Rouge, sur le Jacques-Cartier.
par la construction d’un barrage-réservoir au lac Jacques-Cartier. Plusieurs usines sont établies sur ce cours d’eau. La principale est celle de la “Donnacona Paper Company”, près de l'embouchure. Cette compagnie songe À aménager une seconde chute en amont de sa première usine.
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A Donnacona, elle est propriétaire absolue de l’emplacement; le Département ayant vendu les droits qu’il pouvait prétendre avoir.
Mentionnons encore l'emplacement de l’ancienne compagnie d’électricité Jacques-Cartier qui utilise une chute de 38 pieds et donne un rendement de 2,200 H.P.; le courant électrique est transmis à Québec. Le rendement dir.iinue de moitié en mars, mois où le débit est au minimum.
Enfin, il y a de nombreuses autres chutes sur cette rivière qui seraient mises en plus-value par le réservoir projeté.
R. Sainte-Anne—La ‘“‘Saint-Raymond Paper Company” a un établisde Portneuf sement important sur cette rivière; l'emplacement a été vendu par le Gouvernement, en 1906, comme propre à l’utilisation de 425 chevaux.
Il y a diverses autres chutes utilisables sur ce cours d’eau dont nous ne pouvons parler faute d’espace.
R. Batiscan.—Très intéressante rivière de 1,800 milles carrés de bassin
et dont les ressources ont été, jusqu'ici, très imparfaitement utilisées. Elle a fait l’objet d’une étude détaillée de l’auteur qu’on trouvera, page 130, du rapport du Ministre des Terres et Forêts, pour l’année 1913. Cette rivière serait éminemment propre à des industries de modeste importance ne nécessitant pas plus de 500 à 1,000 chevaux. Il existe plusieurs lacs importants dans le voisinage des sources, mais l’étude de leur capacité comme réservoirs n’a pas encore été faite.
R. Saint-Maurice.—Le troisième des grands tributaires du Saint-Lau-
rent. Son bassin est évalué à 17,000 milles carrés.Sa longueur, en tenant compte de ses sinuosités, atteint presque 350 milles. Son débit minimum est coté à 6,000 pieds cubes par seconde, aux chutes Shawinigan et son débit, aux hautes eaux, atteint plus de 140,000 pieds cubes par seconde. Ces chiffres indiquent une variation de 1 à 23.
C'est sur cette rivière que l’on trouve actuellement la production la plus considérable de force hydroélectrique de la province. Les transmismissions de l’énergie qu'on y produit irradient vers Montréal, Québec, Trois-Rivières, et même sur l’autre rive du fleuve jusque dans la Beauce, et ailleurs encore.
Les principales chutes aménagées sont celles de Shawinigan (148 pieds), puissance de 150,000 HP. et aménagement pour 216,500; de Grand’- Mère (83 pieds), puissance de 80,000 HP., aménagement pour 120,000 HP., en prévision de la régularisation du débit. Les cascades de :à Tuque, de 111 pieds de Jdénivellement, ne sont que partiellement utilisées. Un autre projet est à l'étude par lequel on barrerait la rivière à huit milles en amont de Trois-Rivières, à l’endroit appelé ‘“ les Forges”; on compte tirer de cet emplacement de 15,000 à 20,000 chevaux.
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L'importance de ces usines est telle que le Gouvernement provincial, pour répondre aux demandes des industriels intéressés dans l'exploitation de l'énergie que peut fournir ce cours d’eau, a construit le grand barrage dit de ‘la Loutre”’, à cause de sa proximité de la chute de ce nom sur le St-Maurice supérieur. Ce barrage comporte 68,000 verges cubes de maçonnerie et se trouve à 234 milles de l'embouchure de la rivière. Le lac artificiel qu’on a ainsi créé a une superficie de quelque 300 milles carrés et emmagasine 160 milliards de pieds eubes d’eau. Ce volume permettra une régularisation du débit à 12,000 pieds cubes par seconde, à Shawinigan, et mettra ainsi singulièrement en valeur un grand nombre d’autres chutes qui ne sont pas encore utilisées.
Grâce à ces réservoirs, le surplus de forces dont pourront jouir ces usines sera, en chiffre rond, pour Shawinigan, de 32,000 chevaux-ans; pour Grand’Mère, de 16,(90 chevaux-ans; et pour la Tuque, de 19,000 chevaux-ans.
L'eau sera payée par les compagnies à tant le cheval-an. Le coût du barrage s’est élevé à $1,661,600 sans compter les ouvrages accessoires et les revenus provenant de l'énergie fournie aux seules usines existantes suffiront à payer l'intérêt et l'amortissement du capital. Le barrage a été terminé le 1 janvier 1918.
On trouvera, page 39, du quatrième rapport de la Commission des Eaux Courantes de Québec, les hauteurs des différentes chutes de cette rivière.
Négligeons maintenant un certain nombre de rivières secondaires qui se jettent dans le Saint-Laurent, depuis le Saint-Maurice, jusqu’à l’embouchure de l’Ottawa, pour parler de cette dernière et de ses tributaires. Disons toutefois que sur presque toutes ces petites rivières, nombre d'industries locales font de bonnes affaires.
R. Ottawa.—Le plus important des tributaires du Saint-Laurent. Son
embouchure est au lac des Deux-Montagnes, à la tête de l'île de Montréal. Cette rivière a un débit minimum de 20,000 pieds cubes par seconde, tandis qu’au moment des crues ce débit dépasse 240,000 pieds cubes: sa fluctuation est généralement de 1 à 10 ou 12. Cette rivière a été minutieusement étudiée par les ingénieurs qui ont élaboré le projet du canal de la Baie Georg:enne, et le résultat de leurs études a été donné très au long dans différents rapports. Les forces totales sont évaluées à environ 300,000 chevaux, en chiffre rond.
Ces forces hydrauliques sont à peine utilisées, quoique bon nombre de concessions aient été accordées. Il y a à cela plusieurs raisons; ainsi, par exemple, le fait que cette rivière constitue la frontière entre les provinces de Québec et d'Ontario et que les concessions doivent être négociées auprès des deux gouvernements; ensuite, que la rivière étant navigable,
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