DEPUIS LE DÉTROIT DE BELLE-ISLE JUSQU'AU SAGUENAY
La côte nord du fleuve est caractérisée par la proximité du haut plateau Laurentien et les innombrables flots, baies et criques du littoral. Cette grande étendue de quelque six cent milles de longueur est peu hospitalière, et la population y est très clairsemée.
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On y compte plus de cinquante tributaires importants du fleuve, depuis la rivière des Esquimaux jusqu’au Saguenay.
D'une manière générale, on peut dire que le régime de ces rivières n’a pas été étudié, sauf dans trois ou quatre cas où les débits ont été mesurés, mais de façon intermittente. Quant aux chutes, les hauteurs d’un grand nombre d’entre elles ont été enrégistrées par les arpenteurs chargés de faire le levé des rivières de cette région, mais les renseignements ainsi fournis sont trop vagues pour servir de base à des projets d'aménagement. Par suite, nous ne pouvons ni annoncer ni offrir au public d'emplacements sûrs pour installations industrielles, sauf les quelques cas mentionnés ci-dessous. Dans l’état actuel, les exploiteurs de forces hydrauliques sont done obligés de dépendre de leurs investigations personnelles.
RR. des Esquimaux, —Plusieurs des grandes rivières de la côte nord Saint-Augustin, ont été relevées sur une grande partie de leurs Petite-Mécatina, cours; par exemples, la rivière des Esquimaux, Natashquan, Ro- jusqu’à environ 66 milles de la côte: le Saintmaine. Augustin, jusqu’à 70 milles; la Petite-Méca-
tina, jusqu’à 25 milles; la rivière Natashquan, jusqu'à 150 milles environ; et la Romaine, jusqu'à 170 milles. Ces relevés permettent d'établir approximativement la distance à laquelle se trouve la ligne de partage des eaux. Les points extrêmes relevés sur ces rivières sont à des altitudes qui varient, de 900 pieds au-dessus du niveau de la mer, pour la rivière Saint-Augustin, jusqu’à 1,450 pieds pour la
Natashquan, et près de 3,000 pieds pour la Romaine
On peut juger, d’après la longueur de ces cours d’eau et la superficie de leurs bassins, que leurs débits doivent être considérables, et,par suite, que les nombreuses chutes indiquées sur les cartes seront susceptibles, un jour, de donner de grands rendements. Toutefois, l’on ne devra pas perdre de vue que la difficulté des communications, le manque de population, et la rigueur du climat mettront de sérieux obstacles à la mise en valeur des ressources de cette région en énergie hydraulique. Avant done d'y engager des capitaux, il serait bon d'examiner les conditions des districts plus connus et d’accès plus facile, tel, par exemple, celui du lac Saint-Jean ou du haut Saint-Maurice. Pour ne pas nous étendre davantage en généralités, nous donnerons immédiatement les détails que nous connaissons sur quelques-unes des grandes chutes de ces régions.
R. Manicouagan.—Cette rivière est peut-être la plus importante de la
Côte-Nord. Elle est située à cent milles environ en aval de l'embouchure du Saguenay et à 225 milles de Québec. Son bassin est de 15,009 milles carrés. Elle a été relevée jusqu’à plus de 250 milles du littoral. L’'altitude de ses sources est évaluée à 2,000 pieds. Le premier groupe de ses chutes, à deux milles de l'embouchure, d'une hauteur
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totale de 86 pieds, est depuis longtemps célèbre. Aux basses eaux, son débit, en ce point, peut produire, croit-on, 50,000 chevaux-vapeur, mais si l'on table sur son débit moyen, ce chiffre est très inférieur à la réalité. Ces chutes sont concédées à bail depuis 1906, mais n’ont pas encore été utilisées: aussi, est-il question de faire résilier le bail.
R. aux Outardes.— C'est une autre rivière importante de cette région Son bassin est de 7,300 milles carrés. Son cours est de plus de 200 milles, mais ses forces hydrauliques sont mal connues. Les premières chutes, près de l'embouchure, sont aussi concédées à bail, et le concessionnaire s’est engagé à y faire un aménagement d'au moins 7,000 chevaux, ce qui n’est qu’une faible partie de l'énergie qu’elles peuvent donner. Le dénivellement total est, en effet, de 181 pieds, et le débit minimum d'hiver, de 2,800 pieds cubes par seconde, soit une puissance théorique de 59,000 cti2vaux pour ce premier groupe. R. du Sault-au-Cochon.—Quelques-unes des chutes de cette rivière, dont le bassin est comparativement peu étendu (840 milles carrés), sont concédées à bail, le concessionnaire s’étant engagé à y faire un aménagement de 1,000 HP., avant 1917. Il détient aussi une concession forestière, mais ces deux concessions ne sont pas encore exploi-
tées.
Nous mentionnerons encore pour mémoire, diverses concessions par Lettres-Patentes accordées longtemps avant les précédentes.
R. Marguerite.—-Une concession pour fins industrielles fut accordée, en 1901, à M. James Clark, de New York, à l'embouchure de cette rivière. Un moulin à pâte de bois, produisant de 100 à 200 tonnes par jour, selon la saison, y a été établi. Il y a là maintenant un village important qui s'intitule cité de Clark. Le bassin de la rivière est d’environ 3.200 milles carrés de superficie.
R. Pentecôte. —Située à environ 132 milles en aval du Saguenay. Bassin de 1,000 milles carrés. Concession du 10 février 1903, de 4,880 acres, à l'embouchure des rivières Pentecôte et Riverin. Forces évaluées à 10,000 chevaux. En 1909, $110,000.00 avaient été dépensés en travaux d'exploitation sous forme de moulin à scie.
RR. Grande-Trinité, —Dix milles de longueur du lit de ces rivières,
Petite-Trinité, depuis leurs embouchures, ont été concédés, en au Rocher, 1901, à une compagnie d'Ontario. Le nombre Calumet. de forces utilisables n’est pas connu. Ces
rivières sont de troisième ordre et situées dans le voisinage de la Pointe-des-Monts, à environ 260 milles de Québec.
Seigneurie de Mingan.—Mentionnons enfin la concession dite ‘“Sei-
gneurie de Mingan”’, lisière riveraine de six milles de profondeur sur cent cinquante de longueur, s'étendant du Cap Cormoran à la rivière Agouanus, au nord de l’île d’Anticosti. Sa superficie est évaluée à 955 milles carrés ou 600,000 acres. Elle est traversée par vingt-et-une rivières dont plusieurs importantes. Nous avons quelques chiffres sur un certain nombre des chutes de ces rivières. Les forces
hydrauliques qu’elles représentent se trouvent la propriété absolue des propriétaires de la seigneurie.
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Génératrices des usines hydro-électriq. 28, aux rapides des Cèdres. DE L'EMBOUCHURE DU SAGUENAY AU LAC TÉMISCAMINGUE
Depuis le Saguenay jusqu'au voisinage de Québec, la côte conscr: e encore l'aspect rugueux de la section précédente, et les quelques rivières qui descendent des montagnes subissent des variations de débit considérables; au reste, aucune d'elles n’est très importante.
Nous mentionnerons d’abord les suivantes, en remontant le fleuve: