‹ Les Forces Hydrauliques des PyrénéesChapitre 12 sur 34 · CHAPITRE Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE Il

Début de la houille blanche

dans les Pyrénées

Malgré les facilités d'exploitation, l’industrie de la houille blanche est, dans les Pyrénées, de date récente. Les Pyrénées avaient cependant un passé et des traditions qui semblaient devoir favoriser lutilisation rapide des ressources hydrauliques. De tout temps les industries indigènes se servirent des torrents de la montagne. Du jour où l’on sut utiliser cette énergie pour actionner les dynamos, les Pyrénées ne restèrent pas en retard. Dès 1888, Toulouse s’éclairait au moyen d’une chute d’eau, l« première entre les grandes villes françaises.

Par la suite, malheureusement les progrès demeurèrent très lents et très inégaux. Beaucoup de petits industriels adoptèrent l'outillage électrique pour accroître le rendement de leurs turbines. On aménagea un peu partout de petites chutes pour l’éclairage des villes d’eau, de communes rurales.

Il y eut ainsi de côté et d’autres une poussière de petites installations de peu d'importance, fixées, bien entendu aux endroits les plus propices. Ce développement fragmentaire n’a pas été sans offrir par la suite de grosses difficultés à l’installation

Pau ETS

d'industries puissantes susceptibles de grosses extensions.

Avant 1914, les grandes usines restèrentrares, limitées presque exclusivement aux vallées de la région orientale. Plus de la moitié de l’énergie électrique produite à cette époque dans les Pyrénées était l’apanage des deux départements de l'Est de la chaine. La guerre a complètement modifié cette situation. Le total des forces aménagées est passé de 145.000 C. V. à 380.000 environ. En même temps, il se créa une répartition des forces beaucoup plus conforme aux aptitudes de chaque région. C’est maintenant le groupe des usines de l’ouest : celles de la Pique, des Nestes, du Gave de Pau, bientôt, celles de la Garonne et des Gaves béarnais qui occupent la première place et fournissent le plus fort contingent d'énergie. Les établissements à l'Est de la Garonne sont nettement distancés. Quant aux usines de basse chute, qui de Foix à Orthez jalonnent la lisière montagneuse, elles bénéficient du progrès général. Leur facilité d'accès, le régime plus égal des eaux qu’elles utilisent, semblent dès à présent les destiner à Jouer un rôle de fixation pour les industries pyrénéennes. Toulouse en est le poste avancé. Elle s'organise pour devenir la capitale industrielle de la région, être pour les Pyrénées ce qu'est Grenoble pour les

Alpes.

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