AUX TRANSPORTS DANS LES PYRÉNÉES
Réunissant toutes les conditions les plus favorables au développement de la traction électrique,la région pyrénéenne a toujours su utiliser les avantages qu’elle présentait.
Les tramways urbains et interurbains sont nombreux qui unissent les localités de quelque importance.D’autre part,la Compagnie des Chemins de fer du Midi, le premier de nos réseaux français, longtemps avant que les autres ne se fussent lancés dans ce mode d'utilisation, avait déjà entamé l’étude du programme, commencé sa mise à exécution. À l'heure actuelle comme nous le verrons plus loin, la plus grande partie du programme est achevée et sous peu, le Midi aura les trois quarts de son réseau mû par l'électricité.
Nous allons étudier, d'assez près, les installations réalisées par la Compagnie du Midi, qui sont parmi les plus importantes de la chaîne des Pyrénées.
Usines HYDRO-ÉLECTRIQUES, — La Compagnie du Midi procédait avant la guerre à l'électrification d’une partie de son réseau pyrénéen. La transformation projetée a été retardée par les hostilités. Toutelois, un certain nombre d'usines génératrices sont déjà en fonctionnement : La Cassagne (Pyrénées- Orientales), Fontpedrouse (Pyrénées-Orientales), Soulom (Hautes-Pyrénées), Hourat (Basses-P yrénées) et Eget (Hautes-Pyrénées).
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1° La Cassagne. — En 1902, l'Etat avait offert au Midi d’exploiter, au titre de ligne d'intérêt général, la ligne de Villefranche à Bourg-Madame. La Compagnie du Midi souscrivit à cette proposition après divers pourparlers et études concernant le mode de traction à adopter, finalement ce fut la traction électrique qui fut choisie.
Le 5 décembre 1902, une convention intervint entre l'Etat et la Compagnie,aux termes de laquelle l'Etat prit à sa charge tous les frais de premier établissement, y compris l’aménagement d’une chute d’eau. La Compagnie devait seulement outiller l'usine électrique. C’est dans ces conditions que fut établie l’usine de La Cassagne, qui emprunte les eaux de la Tet. Cette rivière ayant un débit fort inconstant, l'Etat fit construire à 2.000 mètres d’altitude un barrage dans les marais de la Bouillouse. Cet ouvrage, long de 364 mètreset large de 14 au pied, permet l’emmagasinement de 13.000.000 de mètres cubes d’eau. Un canal d’amenée conduit l’eau du réservoir au bassin de mise en charge, après décantation ; de ce bassin partent quatre conduites forcées, longues de 1.040 mètres, qui précipitent le flot sous 420 mètres de chute brute. La puissance installée ressort à 2.600 kilowatts.
Le courant est élevé à la tension de 20.000 volts et envoyé à cinq sous-stations, qui alimentent la ligne.
2% Fontpedrouse. — En 1911, la Compagnie avait procédé sur la ligne à voie normale de Perpignan à
LAADATE
Villefranche à des essais de traction électrique au moyen de courant monaphasé obtenu par transformation du courant de la Cassagne. L’électrification. de toute la ligne ayant été décidée, à la suite des résultats favorables de ces essais, la Compagnie a construit une nouvelle usine à Fontpedrouse à 3.500 mètres en aval de l’usine de la Cassagne. L'usine utilise les eaux de la Tet et de son affluent la Riberolle. La chute atteint 175 mètres avec un débit constant minimum de 41.500 litres. La puissance disponible atteint 2.600 C. V. Un bassin régulateur de 2.500 mètres cubes permet de porter cette puissance à 3.600 C. V. En cas de besoin la ligne peut être alimentée également par l'usine de la Cassagne par l'intermédiaire d’une sous-station de transformation située à Villefranche, pourvue d’un groupe moteur-générateur de 1.250 kilowatts. Dans ce but, le groupe de Villefranche peut être mis en parallèle avec ceux de Fontpedrouse.
3° Soulom. — Les raisons qui avaient conduit la Compagnie du Midi à réclamer à l’Etat, en 1902, des clauses de contrat particulières, amenèrent son Conseil d'administration à revendiquer les mêmes facilités lors de la convention du 20 juin 1907, qui concédait à la Compagnie les transpyrénéens d’Axles-Thermes à Puycerda, de Saint-Girons à Salau et de Bedous aux Aranones, lesquels comportent des rampes de 43 millimètres et des courbes de 200 m. de rayon.
L'application d’un nouveau principé fut faite en
1908, lors de la concession de certaines lignes à construire dans les Pyrénées Centrales.
L'Etat qui devait créer une usine hydro-électrique pour la fourniture du courant à li ligne de Pau à Hatgemau, ne put acquérir à un prix modéré une chute à proximité de la ligne. Il s’ouvrit de ses préoccupations auprès de la Compagnie. Celle-ci proposa une combinaison qui lui semblait profitable à tous. L’usine projetée d’Eget pouvait, d’après les calculs des Ingénieurs du Midi, fournir une force double de celle qui avait été prévue. D’autre part, les lignes de transport de force devant suivre les voies ferrées en service de la Compagnie, il paraissait naturel que celles-ci fussent électrifiées et s’alimentassent aux feeders voisins. La construction d’une seconde usine à Soulom, d’une puissance analogue à celle d'Eget, permettrait, affirmait la Compagnie, d’électrifier la ligne de Pau à Montréjeau et embranchements, dirigés vers le Sud. Cette électrification réduirait les dépenses d'exploitation et faciliterait le trafic, considérablement gêné par les déclivités ardues (33 millimètres entre Tournay et Capvern). Le ministre des Travaux publics partagea la manière de voir de la Compagnie du Midi et la convention du 4 juillet 1908 mit à la charge de l'Etat les 4/5 de la dépense des travaux de l’usine d’Eget et la part des dépenses de l’usine de Soulom correspondant à l’augmentation de ses installations, nécessitées par l’électrification de la ligne de Pau à Hagetmau. Pour ces deux usines, la Compagnie a entièrement à sa
H. Sens 4
charge l'équipement électrique ét la machinerie.
L'usine de Soulom venait d’être terminée [lorsque la guerre à éclaté. Elle recoit les eaux de deux rivières, le Gave de Pau et le Gave de Cauterets, sous 109 et 239 mètres de chute. Le débit considérable de ces cours d’eau (Gave de Pau, 4.700 litres minimum, 10 m° moyenne, 30 m° maximum : Gave de Cauterets 1.800 litres, 3 m° et 125 m°) assure à la station une puissance régulière de plus de 10.000 C.V. Des bassins de mise en charge peuvent d’ailleurs l’élever à 18.000 C.V. pendant un court laps de temps. À cet effet, il à été créé sur le canal d’amenée des eaux du Gave de Cauterets une réserve de 22.000 mètres cubes. Le Canal d’amenée du Gave dé Cauterets à 3 kilomètres, celui du Gave de Pau atteint 6.800 mètres et 2 mètres de largeur en tunnel. Trois conduites forcées de 0 m. 81 de diamètre et 530 mètres de longueur précipitent les eaux du Gave de Cauterets sur les turbines.
40 L'usine d’Eget, dont l'établissement à été prévu par la convention mentionnée plus haut du 4 juillet 1908, approuvée par la loi du 17 juillet suivant, est destinée à fournir l’énergie électrique nécessaire à l'exploitation des lignes projetées d’Auch à Lannemezan, Arreau à Saint-Lary et Castelnau-Magnoac à Tarbes, ainsi que des lignes en service de la région.
Les travaux de construction de cette usine, suspendus au moment de la guerre, furent repris en 1917 pour les besoins de la Défense Nationale. Ils