DÉBIT ET RÉGIME DES COURS D'EAU PYRÉNÉENS
Bien que ce sujet ait fait l’objet d’un certain nombre d'enquêtes et d’études officielles, on ne possède pas de chiffres certains sur le régime des cours d’eau pyrénéens.
Une première remarque cependant. Les débits vont croissant de l’Est à l'Ouest dans la région montagneuse, C’est ainsi que si l’on compare les débits
moyens annuels par kilomètre carré de chaque bassin, on passe de 21 litres pour le Têt, à 57 litres pour le Gave d’Aspe. Entre ces deux extrêmes, on trouve 23 litres pour l'Aude, 37 pour l'Ariège, 48 pour le Salat, particulièrement bien alimenté, 38 pour la Neste, 44 pour le Gave de Pau et près de 48 pour le Gave d’Ossau. Ces derniers chiffres soutiennent facilement la comparaison avec ceux des rivières dauphinoiïses ou savoyardes. Ils sont très supérieurs à ceux observés dans les Alpes au sud du Pelvoux.
En plaine, du fait de la concentration des eaux, les débits s’accroissent de façon importante, A Carbonne, après qu’elle a recu le Salat et l’Arize, la Garonne roule 127 mètres cubés, à Portet en aval du confluent de l'Ariège, 214 mètres cubes: A Orthez le Gave de Pau a 96 mètres cubes et le Gave d’Oloron grossi du Saison guère moins. Si l’on totalisait ces derniers débits on obtiendrait un chiffre sensiblement égal à celui de la Garonne pour une’aire de drainage moins étendue. |
En ce qui concerne le régime des eaux, il faut distinguer nettement les trois régions orientales, centrales et occidentales, Dans le secteur méditerranéen les torrents sont assez bien pourvus d’eau en hiver. L'été est la période d’étiage. Les hautes eaux surviénnent au printemps (avril-mai) avec une séconde montée plus courte en octobre-novembre; et incidemment une troisième en Janvier.
Dans la région centrale. deux périodes de ‘hautes
eaux. La première, la plus longue, se place entre le
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15 mars et le 15 août, provoquée par la fusion des: neiges. La seconde, conséquence directe de la fonte des premières neiges et des pluies de l’équinoxe d'automne, s’encadre entre le 15 septembre et le 15 novembre. Deux périodes de basses eaux se plaçant respectivement entre le 15 novembre et le début d’avril, et la fin de juillet et le milieu de septembre.
On voit qu’il existe, entre les hautes eaux d'été et les hautes eaux d'automne, une sorte de palier. Ce palier, d'autant plus haut et plus court, que les régions qui alimentent le cours d’eau observé, sont plus élevées, mieux pourvues de neige et de glaciers (Lys, Neste, Gave de Pau) ; d'autant plus bas et plus long, que les sommets sont plus bas et que les glaciers font défaut (Ariège, Salat, Gave d’Aspe).
Arrivés en plaine, les cours d'eaux issus des Pyrénées centrales ont, tous, leur principal étiage en été. C’est le cas de la Garonne à Carbonne et à Toulouse, du Gave de Pau à Orthez. C’est qu'ici, le tribut des glaciers disparaît et se perd dans la masse des eaux pendant la saison chaude, tandis que les pluies prédominent sur les neïges pendant la saison froide.
Les rivières des Pyrénées occidentales ont uniformément trois périodes de hautes eaux : une période principale, correspondant à lafusion des neiges, qui va de mars à juillet ; une seconde qui s'étend de la fin de septembre à la fin novembre; enfin, une troisième poussée en plein hiver, jarvier-février.
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Les basses-eaux se placent en décembre, en mars, et de juillet à septembre. Les plus basses sont celles de l’été.
Nous en avons ainsi fini avec l'étude des conditions topographiques de la production de l’énergie électrique dans les Pyrénées. Il en ressort clairement, que ce massif montagneux offre des ressources de tout premier ordre à l’exploitation de l’industrie hydro électrique. Sans doute, comparées aux Alpes, elles offrent un double désavantage, celui d’être moins élevées et d’avoir par conséquent moins de hauteur de chute, et celui d’avoir des débits moins abondants. Mais, nous avons pu constater que les Pyrénées rachetaient une bonne part de ces désavantages par une multiplicité d'avantages topographiques et surtout par l’existence sur ses flancs de ces admirables réservoirs naturels, les lacs, réserves formidables d'énergie latente et organes splendides de régularisation.
Il nous reste maintenant à étudier les réalisations industrielles, auxquelles ces magnifiques conditions ont donné naissance.