‹ Les forces [microforme]Chapitre 52 sur 53 · LA SÉCHERESSE · texte numérisé non relu

LA SÉCHERESSE

Moi, frère par la chair des bêtes et des plantes,

En leur nom, en mon nom, au nom des soifs brûülantes, Je te parle, 6 soleil de feu

Qui tiens da vie au bout de tes rais implacables,

Et je m'adresse à toi, soleil qui nous accables,

Comme au représentant de Dieu.

MÉLANGE

Je sais que ta splendeur épuise l'hyperbole.

Nous t'avons dénommé Puissance, et ton symbole Dans notre bouche est le plus pur.

Mais deviens-tu jaloux, orgueilleux ou sauvage,

Que tu ne veuilles pas admettre un seul nuage,

Un bohème dans ton azur.

Aurais-tu donc perdu ta force habituelle

D'’aspirer l'océan, gigantesque mamelle ?

Craignant qu’il ne fût épuisé

J'ai voulu le revoir. Comme autrefois il roule

Abondamment, à l'infini, houle sur houle

L'eau qui saurait nous apaiser.

Nous t'avons tous trop vu ; la terre desséchée Craque et fait sous les pas de funèbres tranchées :

Tout alentour flambent les bois.

Ces râles d'animaux mourants sont des blasphèmes,

Et ce sont des poignards ces courtes herbes blèmes. La torture s’incarne en toi.

vue mmaietenet que craie CONTENTER EE

162 LES FORCES Re "7h ne

O soleil, je sais bien qu'une idé=

est apôtre, Je sais bien qu’elle aspire à subju

guer toute autre,

Et que de l'homme ju De l'arbre haut et fort au plus in Tout être v

squ'au ver,

fime herbage

cut créer un être à son image,

Toi, t1 médites un enfer.

Tu dépasses tes droit

s, arrête! Je te nie L'auguste liberté d'at

tenter à Ja vie,

Car tu n'es rien qu’un imstrument.

Si tu donnes la mort Par caprice ou colère, Mieux Vaudrait que tantôt le sang crépusculaire

Te recouvre éternellement.

mn

MÉLANGE 163

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