‹ Les forces non définies, recherches historiques et expérimentalesChapitre 11 sur 22 · L'ASCENSION DBS CORPS HUMAINS · texte numérisé non relu

L'ASCENSION DBS CORPS HUMAINS

^ABORDB maintenant l*ezamen du phénomène qui paraît le plus extraordinaire aux yeux du vulgaire, bien qu'il ait été affirmé par un nombre considérable de témoignages et que la réalité en ait été admise par tous ceux qui ont eu intérêt à l'étudier. A toutes les époques, dans tous les pays, on le trouve signalé dans des conditions telles q ue Thypothèse d'une supercherie ou d'une hallucination aussi générale est impossible à admettre.

Les anciens sages de l'Inde jouissaient de la faculté de Lévitation, pour employer le mot aujourd'hui consacré.

Damis les a vus, dit Philostrate, sMlever en Tair, à la hauteur de deux coudées^ non pour étonner (car Us se défendent de ce genre de prétention), mais parce que, selon eux, tout ce qu'ils font en l'honneur du soleil, à quelque distance de la terre, est plus digne de ce Dieu (i).

La propriété de rester suspendu en l'air était un des caractères distinctifs des dieux et des héros ascètes.

(i) Vie tPApollonius de Tyone^ 1. lil^ ch. xt.

Dans la charmante Histoire de Nala^ traduite par Em. Bumoufy la belle Damayanti, recherchée en mariage par trois dieux en même temps que par le roi Nala, se trouve subitement en présence de quatre Nalas indiscernables; fort embarrassée, elle adjure les dieux de reprendre leur forme divine, et c'est alors que Damayanti les voit avec leurs attributs et ne touchant pas le sol.

On trouve dans 1 introduction à V Histoire du bouddhisme indien (i) le récit suivant :

Alors Bhagavat entra dans une méditation telle qu'aussitôt que son esprit s'y fqt livré, il disparut de la place où il était assis et que, s'élançant dans Pair du côté de l'Occident, il y parut dans les quatre attitudes de la décence, c'est-à-dire qu'il marcha, qu'il se tint debout, qu'il s'assit, qu'il se coucha. Il atteignit ensuite la région de la lumière... Ce qu'il avait fait à rOccident, il l'opéra également au midi ; il le répéu dans les quatre points de l'espace, et quand, par ces quatre miracles, il eut témoigné de sa puissance surnaturelle, il revint s'asseoir sur son siège.

Les anecdotes de ce genre sont assez nombreuses dans les livres sacrés de l'Inde, mais elles s'y présentent généralement sous une forme mystique qui permettrait à Tesprit de se méprendre sur le véritable caractère du phénomène, si des faits contemporains ne venaient en préciser la nature.

M, Louis JacoUiot rapporte le suivant dont il a été témoin . L^acteur était ce même fakir dont nous avons parlé dans le chapitre précédent; il s'appelait Covindassamy, venait de Trivanderam, près du cap Comorin à l'extrémité sud de l'Indoustan, et éuit seulement de passage à Bénarès ; il avait été chargé d'y apporter les

(i) E. BuwiouF, 1884, t. I-*, p. i83. Voyez aussi p. 260, 3 12 et suiv.

(2) Voyagt au pays des Fakirs charmeurs, p. 61.

restés funèbres d*un riche Malabare et habitait provisoirement une petite paillotte située au bord du Gange, non loin de la maison louée par M. JacoUiot. Depuis une vingtaine de jours, il se livrait au jeûne et à la prière, lorsque se produisirent, entre autres scènes prodigieuses, les deux suivantes que je copie textuellement dans Touvrage du magistrat français:

Ayant pris une canne en boit de fer que j'avais apportée de Ceylan, il appuya la main sur la pomme, et, les yeux fixés en terre, il se mit à prononcer les conjurations magiques de circonstance et autres momeries dont il avait oublié de me gratifier les jours précédents. . .

Appuyé d'une seule main sur la canne, le fakir s'éleva graduellement à deux pieds environ au-dessus du sol, les jambes croisées à l'orientale, et resta dans une position assez semblable à celle de ces bouddhas en bronze que tous les touristes des paquebots rapportent de l'extrén^e Orient..

Pendant plus de vingt minutes, je cherchai à comprendre comment Covindassamy pouvait ainsi rompre avec les lois ordinaires de l'équilibre... Il me fut impossible d'y parvenir; aucun support apparent ne le liait au bâton qui n'était en contact avec son corps que par la paume de sa main droite (i).

Il faut remarquer que la scène se passait sur la terrasse supérieure de la maison de M. JacoUiot et que le fakir était presque entièrement nu. De même pour cet autre phénomène :

Au moment où il me quittait pour aller d^eûner et faire quelques heures de sieste, ce dont il avait le plus pressant besoin, n'ayant rien pris et ne s'étant point reposé depuis vingt-quatre heures, le fakir s'arrêta à l'embrasure de la porte

(x) M. JacoUiot dit (p. 27) qu'il avait déjà vu accomplir ce tour par d'autres charmeurs, et le ^Magasin vittoresmte en a donne, si je ne me trompe, une description. Kobert-Houdin l'a imité, mais à l'aide de cuirasses et de tiges d*acier cachées sous les vêtements, tandis que le fakir était nu. La plupart des trucs des prestidigitateurs sont, du reste, inspirés par des phénomènes réels qu'on reproduit dans des conditions essentiellement différentes.

qui conduisait de la teniMe à l'etctlier de sortie, et, croisant tes bras sur la poitrine, il s'éleva ou me parut s'élever peu à peu sans soutien, sans support apparent, à une hauteur d'environ vingt-cinq ou trente centimètres. Je pus fixer exactement cette distance grâce à un point de repère dont )e m'assurai pendant la durée rapide du phénomène. Derrière le Éikir, se trouvait une tenture de soie servant de portière, rouge, or et blanc, par bandes égales, et je remarquai que les pieds du fakir étaient à la hauteur de la sixième bande. En voyant commencer l'ascension, j'avais saisi mon chronomètre. La production entière du phénomène, du moment où le charmeur commença à s'élever à celui où il toucha de nouveau le sol, ne dura pas plus de huit à dix minutes. Il resta à peu près cinq minutes immobile dans son mouvement d'élévation.

Aujourd'hui que je réfléchis à cette scène étrange, il m'est impossible de l'expliquer autrement que je ne l'ai fait pour tous ceux que ma raison s'était déjà refusée à admettre. . ., c'est-àdire par toute autre cause qu'un sommeil magnétique me laissant ludde, tout en me laissant voir par la pensée du fakir tout ce qui pouvait lui plaire...

Au moment où Covindassamy me donnait le salam du dépari, je lui demandai sll lui serait possible de reproduire à volonté ce dernier phénomène: • Le fiîkir, me répondit-il d'un ton emphatique, pourrait s'élever jusqu'aux* nuages. — Comment obtient-il ce pouvoir/ > U me répondit sentencieusement : « Il faut qu'il soit en communication constante, par la prière contemplative, et un esprit supérieur descend du ciel. >

Voici maiotenaot deux faits également contempo* rains rapportés par des indigènes ; ils ont été publiés, en 1880, dans ItThéosophist, revue philosophique qui sMmprime à Madras.

Le premier est raconté par Joseph Ootamram Doolabhram, guru (directeur) de l'Ecole d'astronomie à fiaroda.

Dans l'année de Samrut 1912 (i856), dit le savant Hindou, j'étais occupé à faire des recherches sur l'ancienne chimie et j'éuis en quête d'un nuître compétent qui pût me fournir les renseignements dont j'avais besoin. Après beaucoup de recherches, je trouvai dans un temple de Mahader de la ville de Brooch, située sur les bords de la rivière Narboda, un sangasi (ascète) qui pratiquait le j^-o^ (l'extase) et je devins un de ses

disciples. •• Céuit un homme d'environ trente-cinq ans, d'une taille un peu au-dessus de la moyenne, d'un extérieur très beau, avec une expression intelligente et des joues colorées d'une teinte rosée particulière que je n'ai jamais vue sur aucun visage humain depuis lors. Sa tête était rasée et il portait la robe couleur safran des sangasîs. Il était né dans le Pendjab ; nous le connaissions sous le nom et Je titre de Narazananaud. Comme tous les hommes de sa caste, il était d'un abord difficile et il ne voulut ni m'accepter pour élève ni me permettre d'entrer en rapports familiers avec lui jusqu'à ce qu'il se fût assuré, par un interrogatoire minutieux, de la sincérité de mes intentions et de mes capacités pour l'étude du yog. Je passe sur les deuils et je me contenterai de dire que je finis par atteindre mon but; Narazananaud m'accepta comme élève; je repus sa bénédiction et je le servis deux ans.

Pendant ce temps, j'appris pratiquement beaucoup de choses que je ne connaissais que théoriquement par la lecture de nos shastras (traités de théologie) sacrés ; je m'initiai à beaucoup de secrets de la nature et je pus me convaincre, par des preuves nombreuses, du pouvoir que possède l'homme d*en dominer les forces, car mon maître pratiquait, entre autres choses, le pranayama ou suspension du sou£Be (i).

Je ne prétends point expliquer, ' dans le langage de la science occidentale, les' effets produits dans le corps humain par cette branche du yog vidya (union mystique de l'âme avec Dieu) ; nuis ce que je puis dire, c'est que, pendant que le sangasi était

(i) Le Pranayama (de Vrana, respiration) est un exercice religieux consistant à fermer avec le pouce une des deux narines et respirer par Tautre.

On trouve dans l'Oupnek'hat, livre de l'occultisme indien cité par Ellphas Lévy dans son Histoire de la magie, P* 7x :

« Pour devenir Dieu, il fiiut retenir son haleine, c'est-à-dire l'attirer aussi longtemps qu'on le pourra et s'en gonfler pleinement; en second lieu, la garder aussi longtemps qu'on le pourra et prononcer quarante rois en cet état le nom divin de Aum ; troisièmement, expirer aussi longtemps que possible en envoyant mentalement son souffle à travers les deux se rattacher à réther universel .

• Dans cet exercice^ il faut se rendre comme aveugle et sourd, et immobile comme un morceau de bois. Il faut se poser sur les coudes et sur les genoux, le visage tourné vers le nord: avec un doigt on ferme une aile du nez, par l'autre on attire l'air, puis on la ferme avec un doigt en pensant que Dieu est le créateur. Qu'il est dans tous les animaux, dans la fourmi comme dans l'éléphant; on doit rester enfoncé dans ses pensées.

f lyabc^d on dit Aum 12 fois; et pendant chaque aspiration

absorbé et en contemplation dans Taccomplissement de son pranayama^ assis dans la posture prescrite du padmasan (i), son corps était élevé au-dessus, du sol d'une hauteur de quatre doigts et restait suspendu en l*air durant quatre ou cinq minutes à la fois et je pouvais passer ma main au-dessous de lui, m*assurant ainsi que la lévitation est un feit bien réel.

Le second récit fait partie d'un article signé Bubu Kbr'^na.

Il y a environ trente ans, lorsque j'éuis un petit garçon de dix ans, à Bénarès, je vis un de mes parents, nommé .Amar* chand Maitreyer, qui était connu dans la ville pour la pratique du yoga dharma (loi d'union en Dieu). Ce vénérable vieillard pouvait élever son corps dans l'air un pied et demi au-dessus du sol et rester suspendu ainsi plus d'un quart d'heure, bes deux petits-fils et moi, qui avions à peu près le même âge, nous lui demandâmes, avec une cunosi^ enfiantine, le secret de ce phénomène, et je me souviens très bien qu'il nous dit que, par le khumha (^)XOga, le corps humain devient plus léger que l'air qui l'entoure et peut ainsi flotter au-dessus du sol. Cette explication nous parut suffisante (3).

Tout récemment enfin, on m'a communiqué le récit suivant signé *Bavadjée T> Natts et daté de novembre i885.

Il 7 a dix ans, je voyageais avec un biragi (ascète), lorsque nous arrivâmes ptès du ashrma (loge) d'une petite confréiie de mystiques au sud de l'Inde. Je priai mon compagnon de m'attendre au prochain village, ajoutant que j'avais quelque chose à foire à la loge, mais il voulut absolument m'accompagner pour

il faut dire Aum 8o fois, puis autant de fois qu'il est possible. • Faites tout cela pendant trois mois, sans crainte^ sans paresse, mangeant et dormant peu; au quatrième mois, les dévas se font voir à vous ; au cinquième, vous aurez acquis toutes les qualités des dévaUs; au sixième, vous serez sauvé, vous serez devenu Dieu. »

(i) Le Pamadzan (lUt. assis sur le lotus] est la posture d'un religieux dans la méditation, assis les jambes croisées; elle symbolise Brahma assis sur le lotus.

(2) Le Kumbha est encore un exercice religieux consistant à dore le nez et la bouche pour retenir son haleine.

(3) Cf. l'expérience de Brewster rapportée dans le chapitre IV,

faire U connaissance des occultistes. La loge est entourée de deux collines; au fbn4 de la vallée^ il y a un petit bois et une rivière au-delà ; d'un autre côté, il y a un souterrain qui conduit à un temple bien connu appelé Hanman situé au sommet de la colline. Je ne savais que faire de mon compagnon. Nous passâmes la nuit dans le petit bois, décidés à entrer le lendemain dans la vallée. Aussitôt que nous fûmes étendus pour dormir, à 8 heures du soir environ, mon compagnon reçut psychiquement un avertissement lui disant de quitter de suite le lieu ; il crut que c'était un effistde son imagination et, comme il avait une forte volonté, il résolut de rester quoi qu'il pût arriver. Au bout de quelques minutes, il sentit une main énorme et puissante qui se saisit de lui; et, en une demi-minute, il fut transporté hors du bois, sur le bord opposé de la rivière, et jeté sans connaissance sur le sol ; je traversai la rivière et, après que je l'eus magnétisé quelque temps, il revint à lui. Il n'avait point de mal, mais se sentait très habit quoique pas nerveux. 11 me dit qu'il avait perdu conscience, seulement au moment où il fut jeté à terre et qu^l avait parfaitement senti l'énorme main de Télémental (i). Il voulut alors essayer d'entrer dans la vallée par l'autre côté ; nous nous rendîmes sur la colline ou était bâti le temple ; là, nous trouvâmes l'entrée du souterrain qui conduisait à la Loge. Alors nous entendîmes une voix forte et claire qui avertissait mon compagnon de ne pas persister dans son projet; on lui disait que ces deux premières tentatives seraient parJonnées, mais qu'une troisième pourrait lui coûter la raison. Cétait un homme déterminé; aussi ne fit-il pas attention à la voix de VQ^sarivi'Vak (voix du monde sans forme). A peirte eut-il fbr-

(i) D'après les théories des théosophes de l'Inde, les élémentaux (Dévatas) sont les génies ou démons que nos anciennes traditions désignaient sous les noms de gnomes^ sylphes^ ondines ou salamandres, suivant qu'ils existent dans la terre, dans l'air ou dans le feu : ils sont d'une essence entièrement différente de la nôtre* Les initiés {mahatmas) peuvent arriver, grâce à des procédés qu'ils tiennent secrets et qu*on appelle en sanscrit Yatastambha^ à repousser les élémentaux et à les empêcher d'avoir priée sur eux pendant un certain temps : c'est ainsi que le Bustambha ou art de repousser les élémentaux de la terre, permet à certains yoghis de s'enterrer impunément pendant plusieurs mois. De môme, par le Vaju stambha (art de repousser les élémentaux de Teau), d'autres yoghis se mettent en eut de flotter sur l'eau, sans aucun vêtement, |our et nuit, pendant 4 ou 5 semaines ; d'autres encore s'adonnent à VAgni" stambha qui leur permet de braver les atteintes du feu, etc.

Au-dessus des élémentaux sont les Dhyan chohans^ esprits 9upér)eurt ()ui présidçnf au^ q^ouvçments des mondes: c'est

mulé cette résolution dans ion esprit quMI devînt inconscient et fut transporté à quelque distance au-dessous, dans un lieu de repos où nous nous étions arrêtés en montant. Une fois là, il revint à lui.

Les gens qui se trouvaient dans cet endroit ne pouvaient comprendre comment il y éuit revenu si vite. Au moment où il avait été enlevé, je m'étais mis à descendre la colline et il me fallut une heure pour le rejoindre; quand j'y his parvenu, les assistants m'affirmèrent que mon ami était au milieu d'eux depuis une heure, se lamentant sur son sort; alors il comprit sa faute et consentit à m'attendre. Sans entrer dans plus de deuils, )e dirai que, de tout temps, cette Loge a été gardée par deux puissants élémenuux qui arrêtent ceux qui veulent y pénétrer malgré eux*

Quelque temps après cette aventure, un de mes amis (un gradué de l'Université) et moi nous nous liâmes avec un yoghi. Nous passions presque tout notre temps auprès de lui et il nous enseignait. Il avait l'habitude de se lever à ? heures du matin et il s'en allait vers la rivière près de sa maison pour ne revenir que le soir. Mon ami, poussé par une vive curiosité, me proposa un joui* de nous lever avant le yoghi et d'aller l'attendre vers la rivière pour voir ce qu'il faisait ; je cédai, non sans quelque répugnance. Ce soir-là, lorsque nous allâmes chez lui le yoghi sourit et nous dit : • Vous voulez savoir ce que je fais vers la rivière; eh bien ! vous n'avez pas besoin de foire les espions ; j'irai . vous chercher demain matin et nous irons ensemble, i

Il le fit. Tous les trois, montés sur des pierres qui étaient

parmi eux qu'il faudrait ranger VEsprit de la terre auquel croyait le grand Kepler.

On voit que les hindous suivent les traditions des philosophes néoplatoniciens c|ui, ayant constaté le développement progressif de la vie, du grain de sable au crisul, du cristal à la plante, de la plante à l'animal, ne pouvaient admetu^ qu'elle s'arretilt brusquement à l'homme et qu'il y eût une lacune dans la création entre l'homme et Dieu; ils ont été conduits ainsi à personnifier les forces de la nature et, comme nous ne savons pas plus qu'eux ce que sont ces forces, nous serions fort embarrassés pour les contredire.

Au-dessous des élémentaux, les hindous placent les élémentaires (Pisachasshells), esprits plus ou moins mauvais et peu intelligents qui habitent l'atmosphère de la terre. Ce sont eux dont se servent les magiciens noirs {Doug''pas] pour jouer leurs mauvais tours et auxquels on attribue la plupart aes phénomènes du spiritisme. Les cllémentaires paraissent avoir personnifié dans l'origine les passions humaines.

dans la rivière, noiis lavâmes nos babits/ selon la mode hin* doue, avant de nous baigner. Après que mon ami et moi nous nous fûmes baignés et que nous eûmes accompli notre Sandh^opondana (cérémonie), nous cberchftmes des yeux le yoghi; mais im'possible de le trouver: il était environ 4 heures du matin et la lune brillait encore. Nous appelâmes paiement en vain. Nous crûmes alors qu'il avait été entraîné par le cou* rant et qu*il s'était noyé, lorsque nous vîmes apparaître, sur la surface de Teau, l'ombre de la belle forme du mystique drapé dans ses vêtements jaunes. Nous levâmes les yeux et nous l'aperçûmes lui-même couché de toute sa longueur comme s'il dormait sur un lit d'air à 3o pieds au-dessus de nos têtes. A la pointe du jour, nous le vîmes descendre lentement] jusqu'à ce qu'il tombât doucement sur l'eau; il se baigna alors et revint à la maison avec nous.

Depuis ce jour, nous vîmes le yoghi soulevé et flottant sur l'eau pendant environ deux heures et demie chaque matin. Cette expérience se continua pendant un mois. Le yoghi s'appelait Ramagiri SwamU

Si de POrient nous passons à TOccident, nous trouvons des exemples de lévitation consignés par centaines, spécialement dans les annales du christianisme, depuis l'Evangile de saint Mathieu (iv, 5, 8) qui nous montre Jésus porté du désert au pinacle du temple et sur la cime d^ne.montagne (i).

Les Constitutions apostoliques (1. VI), Arnobe {Traité contre les gentils^ 1. II) et Sulpice Sévère (1. 11^ c. xxvEii) ont rapporté la mésaventure de Simon le Magicien qui, après s'être élevé dans les airs sous les yeux de Néron et du peuple assemblé, fut précipité à terre et se brisa la cuisse. A la même époque, Philippe, diacre, était enlevé par un esprit en revenant de Gaza, où il était allé conférer le sacrement de baptême à la reine Candace.

Pendant la cérémonie d'initiation de Julien TApos-

(i) L'ancien testament rapporte qu'Habacuc fut transporté, à travers les airs, du pays de Judée aux terres de la Chaldée (Daniel. XIV, 35).

tait aux mystères de Diane à Epbèse, rinitiateur, le philosophe Maxime, s'élève dans les airs avec l'initié (Làusy, Vie de Julien P Apostat).

Jamblique cite parmi les prodiges opérés par le^ pro phètes, le transport aux lieux inaccessibles et pardessus les fleuves (i).

Quod autem afflati divinitut non vivant^ tune ipsa anîraalis viu patetf quia multi eorum admoto igné noh uruntur, ignem videlicec rep-^llente deo intua afflante: vel ai uruntur, non peraentiunt, neque pungentia percipiunt, vel radentia, vel ulla tormenta. Item quod actiones eorum non aint humanae, constat quoniam per invia vadunt^ perque ignem feruntur intacti, et

fiumina transeunt mirabiliter

• • . Per h«c patet illoa ifon vivere vitam humanam, nec animalem aensibua, impetuque utentem, aed divinam, quasi anima eorum orietur, et deua ibi fit pro animt, moneatque tanquam ezcellentior anima

Secundum honim diversitafem, diflèrentia aunt inapiratonim aigna* et eflectua et opéra. Secundum prsdictam inapirantium, inapirationisve diveraitatem, inspirati alîi moventur vel toto corpore, vel quibusdam membris ; vel contra quiescunt. Item choreaa, cantilenaaque concinnas agunt, aut contra. Rursum corpus eorum vel excrescere vidétur in altum^ vel in amplum^ vel per sublimia ferri^ ttque contra. Item voces edunt, perpetuasve, vel inaequalea, et ailentio interruptaa ; et tune remittunt tonoSf tune intendunt.

Lui-même aurait présenté le phénomène de la lévi • tation : < Jamblique, priant les dieux, était de la sorte levé-plus de dix coudées de haut, ce dit Eunape In vita Jamblici^ et sa robe et son vêtement semblaient reluire comme Tor. > (a}.

M. Crookes a relevé, dans les Acta sancta^ les cas de lévitation attribués par les Bpllandistes à des saints ou à des bienheureux ; nous lui empruntons le

(i) De mysteria, Trad. lat. de Maraile Ficin, i552. (3) Li|.0T«a« Les quatre Uvrçs des spectres^ p. 468.

tableau suivant, publié en février iSyS, dans le Quaterly journal of science.

Page 1