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I. L'attraction mutuelle des molécules des gaz

Lorsqu'on introduit un peu d'éther dans le vide barométrique (fig. 1), on voit le sommet de la colonne de mercure s'abaisser vivement et prendre une position fixe. Cet effet est dû à ce que le liquide, en arrivant dans l'espace vide qui surmontait le mercure, s'est réduit très-rapidement en gaz, et que ce gaz a refoulé le mercure. Lorsqu'on refroidit ensuite le tube barométrique par un moyen quelconque, on voit le sommet de la colonne de mercure s'élever graduellement, refoulant le gaz à son tour, et quand le volume de ce gaz a été suffisamment diminué, on aperçoit une petite couche de liquide ruisseler sur les parois du verre, et se rassembler au sommet du mercure. On ramène donc

la substance du gaz à son élat primitif de liquide.

Évidemment les molécules du gaz se rapprochent les unes des autres pendant le refroidissement, et on peut penser qu'elles obéissent à une certaine loi d'attraction mutuelle. Mais Tintervention nécessaire de la chaleur dans l'opération la rend trèscomplexe, et on peut aussi penser que la cause du rapprochement des molécules est justement la chaleur. Dans celle hypothèse, Tattraction mutuelle ne serait qu'apparente, et elle ne serait pas due à une cause analogue à celle de l'attraction universelle.

Aujourd'hui les propriétés des gaz sont assez connues pour qu'on ait le droit d'admettre une attraction mutuelle entre leurs molécules ; ne pouvant exposer dans un ouvrage très-élémentaire les récentes expériences sur lesquelles est fondée cette opinion, nous nous contenterons d'un raisonnement qui sera plausible, je Tespère.

Si nous prouvons qu'il y a une attraction mutuelle, dans le sens newtonien, entre les molécules d'un liquide, nous devrons admettre qu'elle se manifeste dans la liquéfaction de la vapeur d'éther, dès que les molécules sont suffisamment rapprochées les unes des autres. Of, le caractère général de toute loi physique est la continuité; ce qui signifie qu'il ne peut y avoir de changement brusque dans la grandeur d'aucune des quantités qui jouent un rôle dans un phénomène. Donc, à mesure que les molécules de l'élher s'écartent les unes des autres pour constituer la vapeur, elles ne

peuvent cesser de s'attirer, si elles sjattirent à l'état liquide : l'attraction peut décroître très-rapidement, devenir insensible ; elle ne peut cesser tout à coup.

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