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I. Les corps lamineux. — La sensation lumineuse

Les phénomènes de la lumière sont peut-être ceux qui ont été Tobjet du plus grand nombre de recherches précises, et qui sont le mieux connus. La beauté des expériences, la simplicité des appareils invitent le physicien à chercher dans les effets de la lumière la satisfaction de Tesprit, qu'il n'acquiert souvent dans d'autres recherches qu'au prix de mille fatigues et quelquefois de dangers. Au dixseptième siècle, Descartes, Newton, Huyghens, puis au commencement de noire siècle, Young, Arago, Fresnel, Biot et tant d'autres ont découvert une foule de lois, qui nous font connaître les phénomènes lumineux avec une étonnante précision. Mais en même temps que les lois étaient formulées, indépendamment de toute conception sur la nature

de la lumière, de nombreuses tentatives étaient faites afin de la découvrir, et les hypothèses les plus opposées trouvaient des partisans convaincus et passionnés. De là des luttes très-vives qui sont à peine éteintes, et dont les autres branches de la physique nous offrent rarement l'exemple. Nous examinerons dans ce chapitre l'ensemble des lois, dans leurs rapports avec les précédentes, et nous nous abstiendrons toujours de figurer la cause de la lumière.

tes corps deviennent lumineux lorsqu'ils sont lK)rtés à une température élevée, et tout le monde connaît les expressions, températures du rouge sombre, du rouge, du rouge cerise, du rouge blanc, qui sont comprises entre 500 et 2,000** centigrades. Ces corps émettent donc de la chaleur et de la lumière. D'ailleurs tous les corps n'émettent pas une lumière également intense, à la même température. Ainsi la flamme de l'hydrogène, dans l'expérience de lalampephilosophique, est très-pâle, bien que la température soit très-élevée ; mais si Ton place dans cette flamme un fil de platine, celui-ci devient .très-lumineux, bien que la température ne soit pas plus élevée qu'auparavant.

En outre, divers corps n'émettent pas, à la même température, la même sorte de lumière. Quelques traces de sel ordinaire (chlorure de sodium), déposées sur un fil de platine et placées dans la flamme de l'hydrogène, lui donnent une couleur jaune trèsintense; un sel de strontiane employé de la même

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manière donne une couleur d'un beau rouge, etc. Ce sont ces propriétés des corps qu'on utilise dans les feux d'artifice pour produire de belles flammes aux nuances variées.

Un corps lumineux n'est pas nécessairement à une température élevée. Ainsi le phosphore luit dans l'obscurité et pourtant il reste à la température ordinaire. Il est lumineux lors même qu'on le met dans le vide barométrique, ce qui prouve qu'il ne doit pas cette propriété à sa combinaison lente avec Toxygène de Fair. On appelle phosphorescence la propriété qu'ont certains corps de luire comme le phosphore dans l'obscurité. Le sucre présente ce phénomène quand on le brise ; l'acide arsënieux cristallisant au sein d'une solution le présente aussi.

La lumière est une sensation que nous éprouvons lorsque les corps placés devant nos yeux sont dans un état particulier ; ils agissent alors sur l'organe de la vision ; ils lui envoient une excitation qui nous révèle leur présence. Semblablement, le son est une sensation qui suit l'action d'un corps vibrant sur notre oreille. Mais de même que nous pouvons étudier le phénomène du son en dehors de nous, observer les modifications que subissent les corps pour devenir aptes à produire la sensation acoustique, de même nous pouvons étudier la lumière dans les corps et rechercher leurs modifications dans les phénomènes lumineux. Notre œil est l'instrument qui nous permet déjuger que certaines

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modifications se sont accomplies, et nous augmentons quelquefois sa puissance à l'aide d'appareils. Dans tous les cas, les lois que nous cherchons sont relatives aux phénomènes dont les corps sont le théâtre, abstraction faite de la vision ; elles doivent être intelligibles même pour celui qui n'a jamais vu la lumière.

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