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lée, et nous aurons sur l'écran un très-beau phénomène (Gg. 27).
Des anneaux concentriques, aux couleurs de l'arcen-ciel, sont séparés par des anneaux obscurs, et Iraversés par une croix noire, dont une branche est dans le plan du rayon incident et de l'axe de rotation AB, tandis que l'autre lui est perpendiculaire.
Si l'on ramène le miroir mobile à sa position
Fig. 17. — Anneaux de la lumière polarisée.
primitive, l'apparence change; les anneaux obscurs deviennent brillants et irisés, tandis que les anneaux colorés pâlissent et deviennent blancs ; en même temps la croix noire s'éclaircit et à sa place on finit par avoir une croix blanche (fig.. 27).
La même expérience peut être répétée avec divers cristaux, par exemple avec le spath d'Islande; une condition indispensable, c'est que la plaque ait ses faces perpendiculaires à l'axe du cristal, ligne autour de laquelle les molécules sont groupées symétriquement. Cela démontre que le phénomène
est dû à l'orientation des molécules^ qui absorbent et transmettent les rayons lumineux dans des proportions différentes, suivant leur position dans le cristal, et aussi suivant la nature de ces rayons.
Les lois de la polarisation des rayons lumineux ont été découvertes par Malus, Arago, Fresnel, Brewster, Biot, etc., et elles s'appliquent aux rayons calorifiques, comme le démontrent très-clairement les récentes expériences de M. Desains. Elles conduisent à une connaissance approfondie du rayonnement.
Nous avons vu que l'action d'une source de chaleur ou de lumière sur un corps quelconque s'exerçait suivant les droites qui les joignent, et qu'elle avait pour résultat un mouvement moléculaire. Quand l'action s'exerce suivant un rayon polariséj ces mouvements sont orientés d'une manière détermi lée. Si l'on imagine, par exemple, des vibrations rectilignes, la polarisation consiste dans le parallélisme de ces vibrations. Quand au contraire le rayon n'est pas polarisé, les mouvements moléculaires ne sont pas orientés, et ils s'effectuent dans toutes les directions.
Les molécules d'un cristal, étant soumises à leur attraction mutuelle, ont des positions moyennes déterminées, de manière que chacune d'elles soit en équilibre, et elles ne sont pas libres de céder également à une force extérieure dans toutes les directions. Il y a dans le cristal des directions de plus grande et de plus petite élasticité que Ton peut trouver en
observant attentivemeiit toutes les propriétés de ce cristal. Dès lors un rayon polarisé rencontrant les molécules du spath les met plus ou moins aisément en mouvement suivant leur position, et l'orientation de leurs mouvements dépend do la structure du corps. Sans que nous puissions présenter ici l'explication des anneaux de la glace et du spath, nous voulons montrer par ces remarques comment le rayonnement unit entre elles les molécules de deux corps quelconques, quelque grande que soit la distance <]ui les sépare, tandis que l'attraction newtonienne unit les assemblages de molécules ou corps visibles.