‹ Les forces physiquesChapitre 4 sur 43 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

J. Les lois de Galilée et de Kepler.

Le jour d'un des plus grands triomphes de l'esprit humain fut celui où il découvrit que la même force fait tomber une pierre sur la terre et graviter les corps célestes. C'est la comparaison des lois de la chute des corps terrestres et de celles du mouvement des astres qui a conduit Newion à cette loi admirable, et Ton conçoit avec quelle passion ses défenseurs luttent aujourd'hui, pour lui conserver intacte toute sa gloire, en présence de documents qui attribuent à notre célèbre Pascal la découverte de l'attraction universelle. Ce procès, dont on ne saurait prévoir l'issue, sera un des plus célèbres dans les annales de la science, et son importance est en raison de celle de la découverte.

Vers l'année 1590, Galilée trouvait à Pise la loi de

la chute d'un corps à la surface delà terre; traduite en nombres, celte loi nous apprend que le corps parcourt 4'",9 dans la première seconde, un chemin triple dans la deuxième, quintuple dans la troisième, etc. Trente ans plus tard, Kepler, astronome de l'empereur d'Allemagne, comparant entre elles toutes les observations astronomiques faites antérieurement sur les planètes, trouvait qu'elles décrivent des orbites elliptiques autour du soleil, situé à l'un des foyers; il énonçait une relalion numérique faisant connaître la rapidité de leur mouvement ; il les comparait entre elles et découvrait la loi qui lie leurs masses et les durées de leurs révolutions. Kepler procédait dans ces recherches comme le physicien qui observe un phénomène naturel. Il avait appris à lire dans le grand livre de la nature, livre toujours ouvert, et dans lequel sont écrites dans un style sublime les louanges du Créaleur. Aussi quel éblouissement le jour où il lui fut donné de comprendre ce qu'il essayait de déchiffrer depuis de longues annéesl

« Depuis huit mois, dit-il dans ses Harmonies du Monde, livre V, j'ai vu le premier rayon de lumière; depuis trois mois j'ai vu le jour ; enfin, depuis peu de jours j'ai vu le soleil de la plus admirable contemplation. Rien ne me retient ; je me livre à la sainte fureur qui m'inspire; je veux insulter aux mortels par l'aveu ingénu que j'ai dérobé les vases d'or des Egyptiens pour en construire à mon dieu un tabernacle loin des confins de l'Egypte. Si vous

me pardonnez, je m'en réjouirai ; si vous m'en faites un reproche, je le supporterai. Le sort en est jelé : j'écris mon livre ; il sera lu par l'âge présent ou par la postérité ; peu importe ; il pourra attendre un siècle son lecteur ; Dieu n'a-t-il pas attendu six mille ans un contemplateur de ses œuvres ^ ! »

Ce langage peut nous étonner aujourd'hui ; mais l'état des esprits à Tépoque où écrivait Kepler justifie son exaltation ; grâce à Dieu, les régions de la science sont aujourd'hui plus sereines et les savants n'ont plus à lutter contre les superstitions qu'enfantait autrefois l'ignorance.

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