SAINT-MUNGO
Le lendemain^ au lever du soleil^ la côte américaine avait disparu. Pas un navire n'était visible à Thorizon, et le Dolphin, modérant la vitesse effrayante de sa marche^ se dirigea plus tranquillement vers les Bermudes. 5
Ce que fut la traversée de l'Atlantique, il est inutile de le raconter. Nul incident ne marqua le voyage de retour, et dix jours après son départ de Charleston, on eut connaissance^ des côtes d'Irlande.
Que se passa-t-il entre le jeime capitaine et la lo jeune fille qui ne soit prévu, même des gens les moins perspicaces? Comment Mr. Halliburtt pouvait-il reconnaître le dévouement et le courage de son sauveur, si ce n'est en le rendant le plus heureux des hommes? James Playfair n'avait pas attendu les 16 eaux anglaises pour déclarer au père et à la jeune fille les sentiments qui débordaient de son cœur, et s'il faut en croire Crockston, Miss Jenny reçut cet aveu avec un bonheur qu'elle ne chercha pas à dissimuler. 20
Il arriva donc que, le 14 février 1863, une foule
nombreuse était réunie sous les lourdes voûtes de Saint-Mungo, la vieille cathédrale de Glasgow. Il y avait là des marins^ des négociants^ des industriels^ des magistrats, un peu de tout. Le brave Crockston 6 servait de témoin à Miss Jenny vêtue en mariée, et le digne homme resplendissait dans un habit vert-pomme à boutons d^or. L'oncle Vincent se tenait fièrement près de son neveu.
Bref, on célébrait le mariage de James Playf air, de 10 la maison Vincent Playfair et Co., de Glasgow, avec Miss Jenny Halliburtt, de Boston.
La cérémonie fut accomplie avec une grande
pompe. Chacun connaissait, l'histoire du Dolphin, et
chacun trouvait justement récompensé le dévouement
15 du jeune capitaine. Lui seul se disait payé au delà de
son mérite.
Le soir, grande fête chez Toncle Vincent, grand repas, grand bal, et grande distribution de shillings à la foule réunie dans Gordon-street. Pendant ce 20 mémorable festin, Crockston, tout en se maintenant dans de justes limites, fit des prodiges de voracité.
Chacun était heureux de ce mariage, les uns de leur propre bonheur, les autres de celui des autres, — 85 ce qui n'arrive pas toujours dans les cérémonies de ce genre.
Le soir, quand la foule des invités se fut retirée, James Playfair alla embrasser son oncle sur les deux joues.
80 " Eh bien, oncle Vincent? lui dit-il.
— Eh bien, neveu James?
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— Êtes-Yous content de la charmante cargaison que j'ai rapportée à bord du Dolphin? reprit le capitaine Playfair en montrant sa vaillante jeune femme.
— Je le crois bienl * répondit le digne négociant. J'ai vendu mes cotons à trois cent soixante-quinze pour cent de bénéfice! ''
Page 1.^1. la Clyde, a rirer of Scotland, famoiiB for its nnmerous shipjards, has its source in Lanarkshire and empties near Glasgow into a large estoary called the Frith of Cljde.
2. CSasgaw, the commercial and manufacturing metropolis of Scotland, is built on both sidea of the Clyde. It was f onnded in 660 bj St. Mungo.
8. Clreentek, an important seaport, 19 miles northwest of Glasgow.
Page 2. — 1. ue maretae snpérievei a gréai tpeed, 2. parties fines^ êlenderparU 8. pe« coBBidéraliley slighU 4. coiuudsseiirg, experte.
Page 8.— 1. pas dafaitage, twl that eiiher, 2. dM, crest,
8. analeat été fert empêeliés, wovld haive fownd it diffictUt 4 ea* The French impersonal form is often best translated bj the passive voice in English.
Page é. — 1. à bas drolt^ with good rectson,