LE CHENAL DE L^ÎLB SULLIVAN
Deux jours après la rencontre de la corvette Vlro^ quois, le Dolphin se trouvait par le travers ^ des Bermudes, et il eut à essuyer une violente bourrasque. Ces parages sont fréquemment visités par des curais gans d^une extrême véhémence.
' Ce coup de vent fut épouvantable. James Playf air eut un instant la pensée de relâcher à Mainland, Tune des Bermudes, où les Anglais ont un poste militaire. C^eût été un contre-temps fâcheux, et surtout regret- 10 table. Le Dolphin, heureusement, se comporta d^une merveilleuse façon pendant la tempête, et, après avoir fui un jour entier devant Touragan, il put reprendre sa route vers la côte américaine.
Mais si James Playfair s^était montré satisfait de 15 son navire, il n'avait pas été moins ravi du courage et du sang-froid de la jeune fille. Miss Halliburtt passa près de lui, sur le pont, les plus mauvaises heures de Fouragan. Aussi James, en s'interrogeant bien, vit qu'un amour profond, impérieux, irrésistible, s'empa- 20 rait de tout son être.
"Oui, dit-il, cette vaillante fille est maîtresse à