Gap
La répartition des départements entre ces diverses conservations est faite maintenant de la façon suivante :
4re conservation. Paris, Seine, Seine-et-Oise, Oise.
2e — Rouen : Eure-et-Loir, Eure, Seine -Inférieure,
Calvados, Manche.
3e — Dijon: Côte- d'Or.
4e — Nancy : Meurthe-et-Moselle.
5e — Privas : Ardèche, Lozère, Haute-Loire.
6e — Mézières-Charleville : Ardennes,
7® conservation. Amiens : Aisne, Nord, Somme, Pas-de-Calais,
et une partie de l'Oise.
8e — Troyes : Yonne et Aube.
9e — Épinal : Vosges, partie de Meurthe-et-Moselle.
10e — Melun : Seine-et-Marne, Marne, partie de Seine-
* et- Oise, partie des Ardennes.
Ile — Valence : Drôme, Vaucluse.
12e — Besançon : Doubs, territoire de Belfort.
13e — Lons-le-Saulnier : Jura.
14e — Grenoble : Isère, Loire, Rhône, partie de
l'Allier.
15e — Alençon : Finistère, Côtes-du-Nord, Morbihan,
lUe-et-Vilaine, Mayenne, Orne, Sarthe.
16e — Bar -le -Duc : Meuse, partie des Ardennes.
17e — Macon: Ain, Saône-et-Loire.
18e — Toulouse : Haute-Garonne, Tarn -et -Garonne.
19e — Tours : Maine-et-Loire, Loiret, Loir-et-Cher,
Indre-et-Loire , Loire-Inférieure.
20e — Bourges : Nièvre, Indre, Cher.
21e — Moulins : Haute-Vienne, Creuse, Puy-de-Dôme ,
Allier.
22e — Pau : Basses- Pyrénées.
23e — Tardes : Hautes- Pyrénées, Gers, Lot-et-Ga-
ronne.
24e — Niort : Vienne, Deux- Sèvres, Charente, Cha-
rente - Inférieure , Vendée.
25e — Carcassonne : Aude , Tarn , Pyrénéen-Orientales.
26e — Aix : Bouches-du-Rhône, Basses-Alpes.
27® — Nîmes : Gard, Hérault, partie de la Lozère.
28e — AuRiLLAC : Cantal, Aveyron, Corrèze, Lot.
29e — Bordeaux: Dordogne, Gironde, Landes.
30e — Ajaggio : Corse.
31e — Chaumont : Haute-Marne.
32e — Vesoul : Haute- Saône.
33e — Chambéry: Savoie, Haute -Savoie.
34e — Nice : Alpes -Maritimes, Var.
35e — Gap ; Hautes -Alpes.
Cette répartition date de la fin de l'année 1884. Auparavant il
existait 38 conservations; mais un décret du 17 décembre 1884 en a supprimé trois, celles de Foix, d'Annecy et de Clermont-Ferrand, en même temps qu'il remaniait la distribution des départements entre les 35 conservations maintenues.
L'administration des forêts exerce son action de deux façons distinctes sur les bois et les terrains dépendant de son service : 1** elle administre toutes les forêts soumises au régime forestier; c'est un rôle de gestion et de régie; 2o elle est chargée de reboiser et de gazonner les montagnes, ainsi que de poursuivre la fixation des dunes du littoral maritime. Ceci constitue une fonction d'administration générale, qui confère au service forestier le droit d'expropriation, les reboisements étant classés parmi les travaux d'utilité publique. Dans ce cas, le régime forestier devient un mode de protection des terrains reboisés ou à reboiser.
La surveillance que l'administration forestière exerce, au point de vue du défrichement, sur les bois appartenant aux particuliers (loi du 18 juin 1859), et la part qu'elle prend à la destruction des animaux nuisibles (ordonnance du 20 août 1814), rentrent dans la catégorie des attributions d'administration générale.
L'organisation administrative établie depuis les ordonnances de 1820 et de 1827 a été, pour ainsi dire, imposée par ces deux modes d'action du service forestier. On a vu que cette organisation comporte une administration centrale, maintenant rattachée au ministère de l'agriculture, et un service extérieur, celui des conservations forestières.
Les agents du « service ordinaire » exercent les attributions de l'un et l'autre genre confiées à l'administration des forêts. Dans les circonscriptions très chargées de besogne, on a constitué, pour faciUter et accélérer le fonctionnement administratif, un « service extraordinaire » d'agents spéciaux; parmi ces derniers, il en est qui sont préposés à l'étude et à l'exécution des travaux d'art, d'autres sont organisés en commissions d'aménagement et de cantonnement, ou bien en commissions de reboisement. Le service ordinaire se trouve soulagé d'autant et peut vaquer à ses diverses fonctions sans laisser aucune affaire en retard.
Les (( commissions de reboisement j> sont chargées des études préparatoires pour la restauration des montagnes, dans les régions qui nécessitent les travaux les plus considérables de cette nature. Ce service spécial existe dans onze conservations, qui sont: la ë«. Privas;
la lie, Valence; la 14e, Grenoble; la 18e, Toulouse; la 23e, Tarbes; la 25e, Carcassonne ; la 26e, Aix ; la 27e, Nîmes ; la 33e, Chambéry ; la 34e, Nice; la 35e, Gap.
Les « commissions d'aménagement et de cantonnement » préparent la base de la gestion en proposant les plans d'exploitation qui fixent lé régime et le mode de traitement des forêts ; elles préparent aussi les projets de transactions destinés à mettre fin aux droits d'usage qui grèvent lesdites forêts.
Le service des aménagements fonctionne actuellement de la manière suivante : à Paris, pour la l^e conservation; — à Nancy, pour la 4e; — à Valence, pour la lie et la 5e (Privas); — à Amiens, pour la 7e; — à Épinal, pour la 9e; — à Alençon, pour la 15e et la 10e (Melun); — à Besançon, pour la 12e; — à Lons-le-Saulnier, pour la 13e; — à Grenoble, pour la 14e; — à Bar-le-Duc, pour la 16e; — à Mâcon, pour la 17e; — à Toulouse, pour la 18e et la 23e (Tarbes); — à Orléans, pour la 19e (Tours); — à Pau, pour la 22e; — à Bordeaux, pour la 29e et la 24e (Niort); — à Carcassonne, pour la 25e; — à Chambéry, pour la 33e; — à Nice, pour la 34e; — à Gap, pour la 35e.
Un service spécial, chargé des « études d'améliorations pastorales », fonctionne dans la région des Pyrénées (18e, 22e, 23© et 25e conservations); dans la région des Cévennes et du plateau central (5e, 21e, 27e et 28e conservations), et dans la région des Alpes (lie, 14e, 26^ 33e, 34o et 35e conservations).
Les <c agents des travaux d'art » sont attachés à diverses conservations pour étudier et proposer les projets de travaux. La tâche des chefs de cantonnements se trouve ainsi allégée.
Il reste maintenant quelques mots à dire de l'organisation militaire des agents du service forestier, nécessitée par la transformation du régime militaire de la France, après les événements de 1870. Aux termes de la loi des 24 juillet et 7 août 1873, et d'un décret du 2 avril 1875, les agents de chaque conservation devaient être organisés en compagnies et en sections actives ou territoriales de ce chasseurs forestiers ». En cas de mobilisation, les unités actives devaient être affectées au service de l'armée de première ligne, et les unités territoriales au service de l'armée de réserve. '
Mais, dans ce système, les agents forestiers se trouvaient dépaysés; éloignés tous plus ou moins de leur résidence habituelle, ils n'eussent plus été dans le cas de rendre les services qu'on peut
attendre d'eux dans les cantonnements qu'ils connaissent et qu'ils sont accoutumés à parcourir en tous sens. Aussi cette organisation primitive a-t-elle été modifiée, non sans raison, par un décret du 22 septembre 1882.
Monument coaiinëmoralîr de U guerre de 1870, élevé dans la cour da l'école forealiéra de Kanoy,
Désormais les compagnies ou les sections formées par les agents et les préposés sont classées en deux catégories différentes. La première catégorie comprend les compagnies ou sections de forteresse, composées d'agents et de préposés stationnés à proximité des ouvrages fortifiés et des places de guerre. Les unités de cette catégorie seront attachées exclusivement au service des forteresses de leur région. La deuxième catégorie comprend tout le reste du personnel
valide : les compagnies ou sections actives ainsi formées sont destinées à seconder les armées opérant dans la région où ces unités forestières font leur service en temps de paix.
Cette organisation est, en eflfet, plus logique que Tancienne.
La composition de ces compagnies ou sections de troupes forestières est réglée par le ministre de la guerre d'accord avec le ministre de l'agriculture.
Les cadres de ces compagnies sont pris dans le personnel forestier et comprennent pour chaque unité : 1 capitaine -commandant, 1 capitaine en second, 2 lieutenants, un sergent- major, 5 sergents dont 1 fourrier, 8 caporaux et 2 clairons. En cas de mobilisation, les préposés sont, autant que possible, incorporés dans les compagnies ou sections, de manière à rester sous les ordres de leurs chefs du temps de paix. Les sous-officiers sont choisis parmi les brigadiers forestiers, les caporaux parmi les brigadiers ou les gardes de l^c classe. Tous les gardes sont comptés comme soldats de l^e classe.
A dater du jour de la mobilisation, les officiers, sous-officiers et soldats du corps de chasseurs forestiers font partie intégrante de l'armée; ils ont alors les mêmes devoirs, les mêmes droits et les mêmes prérogatives que les autres membres de la grande famille militaire. Enfin, en cas de blessure reçue dans un service de guerre, ils ont aussi les mêmes droits de pension que les militaires du grade égal au leur.
Il est certain qu'en temps de guerre le personnel forestier formerait un véritable corps d'élite, et que ces petites compagnies de chasseurs pourraient être appelées parfois à rendre de très importants services.
On a vu les forestiers à l'œuvre, dans nos provinces de l'Est, pendant la guerre de 4870; plusieurs d'entre eux ont payé de leur vie leur dévouement au pays. Un modeste monument érigé dans la cour de l'école forestière, à Nancy, consacre la mémoire de ces hommes de cœur tombés obscurément, victimes du devoir patriotique.
DuUe est et décorum pro patria moril Cette généreuse devise, inscrite sur le monument de Nancy, ne serait certainement pas reniée par les forestiers d'aujourd'hui, si, ce qu'à Dieu ne plaise, l'étranger venait à menacer de nouveau le sol de la France.