ARBRES CANADIENS ET LEURS BOIS
L’étendue de nos forêts n’est pas moins remarquable que les diverses espèces de bois qui les composent. Quelques sortes se rencontrent partout, tandis que d'autres, plus rares, ne se trouvent qu'à des distances considérables. Règle générale, dit le Dr, Bell dans son rapport géologique de 1879-80, les espèces les plus au nord occupent la plus grande étendu du pays, tandis que celles du sud diminuent progressivement, Cela est dû à la grande différence du climat, en allant de l’est à l'ouest, dans les latitudes plus méridionales. En approchant de leurs limites au nord, quelques arbres diminuent progressivement de grosseur et deviennent de plus en plus rares ; d'autres disparaissent brusquement,
Le Dr. Bell dit qu'on peut diviser les arbres forestiers, à l’est des Montagnes Rocheuses en quatre groupes : Premièrement, un groupe au nord comprenant l'Epinette blanche et la noire, l Epinette rouge, le Pin Banksian, le Sapin, le Tremble, le Peuplier, le Baumier, le Bouleau à canot, le Saule et l’Aulne. Ceux-ci s'étendent jusqu'à la ligne du Pin blanc. Deuxièmement, un groupe central s'étendant de la ligne du Pin blanc à celle du Platane. Troisièmement, un groupe au sud comprenant le Pla-, tane, le Noyer noir, le Sassafias, le Cornouiller qu'on trouve en différents endroits dans le sud de la province d'Ontario. Quatrièmement, un groupe à l’ouest comprenant l’Erable à feuilles de chêne, le Chêne, le Peuplier du Canada, le Liard et le. Frêne vert qui sont dispersés dans les prairies à l’ouest de la rivière Rouge et du lac Winnipeg.
Dans la péninsule à l’ouest de la province d'Ontario, les forêts offrent une richesse remarquable quant à la variété des arbres croissant ensemble, On peut en compter jusqu'à cinquante sortes sur une seule ferme. La même chose ne se ren-
$ cts.
1 925 ÜÙ 4% Ù 10 1 00 O0 25 () 50 pouces
er sur
e cinq » Giou- Ouest.
oivent
à desintro- (1871) D'aurincia- Nou-
à de
pèces d'aue, dit occussivedans lques ares ;
s Roette Peusqu'à e du Pla-.
roits apreet le.
ac
e rit en ren-
contre peut-être pas dans aucune autre partie du continent, ni même dans le monde entier,
Plusieurs des arbres des classes les plus importantes sont communs à l'Ancien et au Nouveau-Monde, Le Frêne, le Chêne et l'Orme se ressemblent beaucoup, quoi qu'en dise M, Browne dans sa # Sylva Americana.” Dans plusieurs cas, la différence est si légère qu'elle n'est perceptible qu'au botaniste et cependant il y a des différences qu'un examen soigné montre clairement,
Il appartient plus à la botanique qu'à un traité simplement descriptif de montrer la différence qui existe entre un arbre et un arbrisseau. Il y a des arbres qui, dans certains pays, ne sont que des arbrisseaux. La description suivante des arbres donnant leurs noms et ce à quoi ils servent est aussi concise que pratique : (#Catalogue otficiel des arbres forestiers de l'Amérique du Nord,” par le professeur Sargent du Collége Harvard, publié par le département de l'Intérieur à Washington, en ISS0.)
Tuurier, (Liriodendron Tulipifera.) Cet arbre, qui arrive à de grandes proportions, devient de plus en plus rare; il a quelquefois jusqu'à soixante-dix pieds de haut avec un diamêtre de trois à cinq pieds. Son écorce, quand il est jeune, est d'un brun pâle et luisant, tandis que sur lés vieux arbres, elle est profondément sillonnée de fissures, lui donnant presque l'apparence d'une colonne cannelée, Au mois de juin, lorsqu'il porte toutes ses fleurs, le tulipier offre un aspect magnifique, Son hois, étant léger, fort et facile à travailler, est très-estimé. On s'en sert beaucoup pour les voitures, l’ébénisterie, les boîtes de fantaisie, ete. On le trouve presque uniquement" sur les bords du lac Erié et dans le district de Niagara.
Bois BLANC, LINDEN OÙ AMÉRICAIN, TILLEUL Du CaNaba, (Tilia Americana).—Ce bois ressemble à l’érable, mais il est exempt de nœuds. [ls'élève quelquefois jusqu'à 60 ou 80 pieds de hauteur ; son diamètre est alors de trois à quatre pieds. Ses feuilles larges et unies résistent aux grandes chaleurs de l'été et forment une sorte d’am brage, Kon bois est blanc, léger et dur ; il se travaille facilement ; on en fait des fonds de chaises, des cribles, des voitures, des tambours de piano. Il est 1echerché des graveurs pour les jouets, les monstres marins qui se placent à l'avant des
raisseaux et les courbures des escaliers, Il est employé pour faires des bols et ustensiles de bois en général, boîtes à chapeart et pour une variété d'articles où la légèreté et la force sont requises. On fait avec la pulpe de ce bois un gros papier très-utile.
L'EraB£e, (Acer) dont la feuille est l'emblêine du Canada, comme la rose est celui de l'Angleterre, se divise en plusieurs espèces. C'est un grand arbre dont les branches, presque à angles droits, sont pliées et tores dans dutoutes les directions . L'érable indique la fertilité du sol partout où il croit ; quand ses feuilles sont touchées par les froids de l'automne, elles prennent une couleur brillante, Le bois de l'érable est remarquablement beau et dur ; il est recherché pour la beauté de ses fibres. On s'en sert pour les meubles et pour les voitures qui demandent beaucoup de force. Ses fibres, arrangées en cercles concentriques, ont valu à cette sorte de bois le nom d'éœil d'oiseau ” et on en fait un article recherché pour les meubles et les cadres. On fait avec sa sève du sucre et du sirop. L'Erable blanc (Acer Dasyearpum) est'un grand arbre de soixante à quatre-vingts pieds de haut avee un diamètre de six à sept pieds. Le bois de cette sorte d'érable est mou et blane et n'a aucune valeur. Le bois barré, (A Pennsylvanicum) est rare et atteint rarement plus de trente pieds de hauteur ; son trone est petit: son bois est blanc et très-dur. L'érable rouge de marais (A Rabrum) est un grand arbre qui croit généralement dans les terratns bas et marécageux. Son bois, peu dur et couleur de rose, est très-employé par les ébénistes,
L'EragLe À SUCRE, (A Saccharinum) s'élève jusqu'à quatre-vingts pieds de haut avec un diamètre de deux à quatre pieds et vient dans les terres hautes et les contrées montagneuses. Son bois est dur et doux. On s’en sert beaucoup pour les planchers, l’ébénisterie, ete. On en obtient beaucoup de sucre. L'Érable de la montagne (A Spicatum), dont parle le professeur Macoun n'est que peu connu.
L'Erable vigne (A Circinatum) de la côte du Pacifique a de trente à quarante pieds de hauteur ; quelquefois il n’est qu'un arbrisseau dont les tiges, semblables à celles de la vigne, se font des racines partout où elles touchent la terre. Le docteur Dawson rapporte que cet arbre ne se trouve jamais dans l’intérieur des terres. Une autre