‹ Les formations Tertiaires et Quaternaires des environs de MâconChapitre 3 sur 22 · II. — CONGLOMÉRATS CALCAIRES DE ROCHES LOCALES · texte numérisé non relu

II. — CONGLOMÉRATS CALCAIRES DE ROCHES LOCALES

Dans les localités où l'argile à silex manque, elle est généralement remplacée , aux environs de Mâcon , par un conglomérat reposant comme elle sur les roches jurassiques les plus supérieures et formé aux dépens de la roche sousjacente qui est ordinairement le corallien.

Ce conglomérat est constitué par des fragments calcaires tantôt légèrement roulés, tantôt réduits à l'état de véritables galets, empâtés dans une argile ferrugineuse plus ou moins abondante et où l'on voit.apparaître fréquemment des grains nombreux d'oxyde de fer pisolithique. Des fragments de silex pyromaque plus ou moins abondants sont la seule roche étrangère au calcaire sous-jacent entrant dans la composition de ces conglomérats.

Bien qu'ils ne soient pas stratifiés , il est facile de reconnaître qu'ils ont participé aux mêmes failles que la roche jurassique sur laquelle ils reposent.- Des zones teintées différemment permettent de déterminer très-bien leur inclinaison.

On peut observer un très-bon type de cette roche entre Saint-Léger et Fuisse, sur la route, au lieu dit la Croix- Pardon. Sur ce point, elle est exclusivement formée de débris roulés du corallien sur lequel elle repose. Sa puissance est de deux à trois mètres. Le ciment argileux est très-rouge et tout parsemé de grains à*oxyde de fer. MM. ThioUière, Benoît et Berthaud ont fait mention de cette localité.

On retrouve ces conglomérats sur la route de Mâcon à Solutré, au lieu dit le Molard-Gaillardon , au sud de Chevagny, dans les boisdeVerchizeuil, sur la route de Sennecé

à Charbonnières , au sommet des bois de la Roche, au N. du bois de l'Atelier, vers Saint-Pierre-de-Lanques , sur la route de Lugny à Thurissey, etc. Je les ai également observés à l'est de Buxy et aux Filletières, dans la côte chalonnaise.

En un mot, ces conglomérats se retrouvent à peu près partout où il y a de l'argile à silex, avec laquelle ils sont simplement en contact sans jamais la recouvrir ni être recouverts par elle. Il semble qu'ils se soient formés sur des points où l'argile à silex manquait ou avait été lavée et entraînée par des courants. Quoi qu'il en soit, ces deux formations sont en étroites relations et paraissent appartenir au même niveau stratigraphique.

M. Benoit, frappé surtout de la présence du minerai de fer en grains dans ces conglomérats , les avait assimilés au terrain sidérolitbique et classés, par conséquent, dans Féocène inférieur. (E. Benoit : Esquisse de la carte géologique et agronomique de la Bresse et de la Bombes ; Bulletin de la Société géologique; 2* série, t. XV, p. 342 et suiv.) Pour M. Benoît, notre conglomérat serait absolument identique à une brèche jurassique avec pâte argilo-calcaire englobant des grains de fer pisolithique , qui forme le terrain sidérolitbique des environs de Montbéliard et du val de D'élémont et le terrain du minerai de ferpisiforme de la Haute-Saône.

Citons, à titre de renseignement, un poudingue accidentel de roches locales qui, d'après M. Benoît, se lie parfois, par alternance, avec les sables inférieurs du groupe sidérolitbique, entre le Jura et les Alpes.

A mon avis, les conglomérats dont il vient d'être question ne doivent pas être confondus avec ceux que M. Faisan a signalés dans le Mont-d'Or lyonnais , à GoUonges , Curis , Dardilly, Saint-Lager, Lachassagne, ainsi qu'à Brouilly, Rom^nêche, etc., qu'il considère comme des amas détri^ tiques résultant de la brisure des roches, à l'époque de 1»

formation desfeilles, {Archives du Muséum* de Lyon; t. I, liv. 4, p. 145.) Nos conglomérats des environs de Mâcon sont certainement antérieurs aux failles.

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