III. — TERRAIN DE TRANSPORT TERTIAIRE
Il existe , sur quelques points de la région mâconnaise, des lambeaux de terrains de transport qui ne peuvent se rattacher ni avec les alluvions quaternaires de la Saône ou du lac bressan, auxquelles ils sont supérieurs, ni avec les alluvions des affluents de la Saône , ni avec le terrain glaciaire.
Par exemple , l'église de Saint-Amour repose, à Taltitude de plus de 300 mètres, sur un cailloulis de galets calcaires et d'argiles à chailles empruntées à la roche bajocienne sousjacente. Le terrain de transport quaternaire des vallées voisines n'a pas atteint cette altitude, non plus que le terrain erratique glaciaire. Du reste , la nature des matériaux indique qu'il n'y a pas eu charriage et que les galets se sont formés sur place par un mouvement alternatif de vaet-vient.' Us appartiennent, en effet, à la roche sous-jacente. Ils ne peuvent donc être attribues qu'aux vagues marines on d'une grande nappe d'eau.
J'ai observé, sur la pente au-dessous du bois deNoirmont, au N,-0. d'Igé, à l'altitude de 340 ou 350 mètres environ, un cailloutis de même nature également en place sur la roche bajocienne qui l'a engendré. Le sol est jonché de gros galets calcaires.
 la même cote et non loin de là, les fentes des roches bajociennes qu'on peut examiner dans les carrières de la montagne de Saint-Grermain (Igé N.-O.) sont remplies d'argile ferrugineuse stratifiée, passant du jaune clair au
muge ou au brun foncé , alternant avec de petits litg de aable où Ton observe de petits galets très-roulés formés de rognons siliceux de la roche bajocienne, laquelle est profondément érodée, sillonnée par l'action des eaux.
Au-dessus de Berzé-la- Ville , à 480 mètres d'altitude, dans une légère dépression correspondant aune brisure du calcaire à: polypiers, on peut voir un dépôt formé de chai lies jurassiques, de grès et de poudingues siliceux, ainsi que de fragments de silex pyromaque des argiles à silex, le tout très-roulé et emballé dans une argile jaune, compacte. Ce point est séparé par des vallées profondes de tous les gisements voisinis d'argile à silex; de plus, il est à une altitude supérieure à celle de ces gisements, dont le plus élevé ne dépasse pas 427 mètres (la Rochette de Saint-Sorlin).
On ne peut expliquer la [)Osition de ces lambeaux de terrain de transport qu'en les supposant antérieurs au soulèvement qui les a portés à ces hauteurs et contemporains de la période d'arasement post-crétacé , alors que le pays offrait l'aspect d'un plateau sensiblement horizontal où toutes les couches jurassiques venaient affleurer au même niveau. Us sont certainement tertiaires et nous confirment dans l'hypothèse précédemment émise d'un second soulèvement postérieur à la période d'arasement. Peut-être arriverons-nous, en poursuivant cette étude , à réunir des éléments suffisants pour déterminer l'âge de ce second soulèvement.