‹ Les formes anormales du tétanosChapitre 23 sur 26 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

14 jours après le début des accidents tétaniques dans le premier cas, deux jours après un léger trisraus et des contractions douloureuses au niveau du coude dans le deuxième cas. Il arrive d’ailleurs que la température ne fournisse aucune indication même dans la forme purement classique. On a signalé un cas où la température ne dépassa jamais 58 degrés et le pouls 90 à 96 par minute et qui s’est terminé par la mort malgré l’apparente bénignité des signes généraux. L’accélération du pouls, les troubles respiratoires sont des éléments de gravité même dans les formes atypiques, partielles.

Un pouls tantôt à peu près normal, tantôt très rapide, une respiration saccadée plaide en faveur d’un pronostic réservé.

La contracture permanente et progressive des muscles abdominaux est un signe à peu près constant, comme nous l’avons écrit au cours des formes partielles du tétanos, et pour Bérard et Lumière ce signe aurait une grande importance au point de vue du pronostic. Nous savons que ces auteurs considèrent cette contracture comme le prélude de la contracture des muscles respiratoires et de l’asphyxie.

Avec Routier nous ne croyons pas qu’il faille attacher à ce signe l’importance pronostique que Bérard et Lumière lui accordent.

Toutefois il faudra toujours rechercher cette contracture qui, associée à des modifications du pouls et de la température, peut éclairer l’évolution de la maladie vers une terminaison fatale. Nous répétons encore que ce signe étant à peu près de règle dans les tétanos partiels, dont le pronostic reste malgré tout relativement bénin si on le compare à celui de la forme normale observée habituellement, sa constatation ne doit pas être considérée comme un élément primordial pour établir le pronostic certain.

Pour bien juger la terminaison d’un tétanos anormal il faut tenir compte également de la manière dont la déglutition et les fonctions du larynx sont atteintes. Un bon signe serait tiré aussi de l’heureuse influence des narcotiques sur les crampes.

Enfin sionencroitIL Gordon [theLancet, 31 décembre 1914), le pronostic est lié surtout à l’association des bacilles tétaniques avec d’autres bactéries virulentes, en premier lieu avec les anaérobies de Welsch. On sait d’ailleurs la fréquence du

tétanos associé à la gangrène gazeuse, leurs bacilles étant tous deux des anaérobies.

En résumé les formes anormales du tétanos empruntent leur bénignité à leur localisation, elles restent néanmoins une maladie grave qui nécessite un traitement rapide luttant, comme le dit Etienne, contre les 3 phases de la maladie ; l’infection, l’intoxication, la réaction cellulaire. Malgré tout, la thérapeutique qui réclame des traitements combinés peut rester inactive, et c’est alors que la mort survient par l’asphyxie due à la tétanisation des muscles respiratoires, et cela sans que la contracture musculaire se soit généralisée. La mort n’est pas toujours la conséquence de la contracture des muscles respiratoires et Quincke prétend même que, chez beaucoup de tétaniques, elle est au contraire le résultat du relâchement complet des muscles respiratoires, de leur paralysie.

Il est certain également que la mort peut être la conséquence d’une généralisation secondaire de l’infection tétanique, en un mot d’une septicémie, d’un empoisonnement tétanique, ou encore d’une complication pulmonaire, comme la pneumonie de de déglutition.

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