‹ Les Formes Autochtones de l'Hépatite AmibienneChapitre 20 sur 22 · Ghlorhydrate d'émétine · texte numérisé non relu

Ghlorhydrate d'émétine

Le chlorhydrate d'émétine dont l’action sur la dysenterie a été mise en valeur par Rogers de Calculta, et bien étudiée surtout dans l'hépatite amibienne par M. le Professeur Chauffard avant la guerre, est un médicament héroïque. M. Chauffard a eu aussi le grand mérite de montrer la nécessité de cures répétées même lorsque les phénomènes aigus ont complètement disparu pour en éviter le retour. Armand Delille, Paisseau et Lemaire dans une communication àla Société Mécicale des hôpitaux (15 juin 1915) ont insisté sur « les résultats aussi rapides que probants de la médication de l’'émétine dans les cas favorables. »

La posologie du chlorhydrate d’émétine est à l'heure actuelle bien réglée. On utilise la voie hypodermique et on sesert de la solution à 4 centigrammes par centimètre cube.

Dans les cas légers on se contentera d’une injection quotidienne de 4 centigrammes ; dans les formes | plus sévères il faudra monter à 8 centigrammes en

deux injections.

DM 2 den

Le professeur Chauffard a montré que dans certains cas des doses plus élevées sont nécessaires, et avec son élève Françon il injecte jusqu’à 12 centigrammes par jour en deux injections. |

L’émétine s’élimine mal, s’accumule dans l’organisme (Maitei et Ribon ont montré qu’on pouvait la déceler dans les urines soixante jours après l'injection) et quoique les doses toxiques soient très nettetement supérieures aux doses employées journellement, on peut voir survenir quelques accidents tels que vertiges, vomissements, diarrhée, défaillance cardiaque, douleurs le long des nerfs. Aussi pour les éviter devra-t-on après six ou sept jours de traitement laisser le malade dix jours au repos avant de commencer une nouvelle série. De toute façon on devra s’arrêter lorsqu'on atteindra la dose totale de un gramme (Mattei, Bloch, Dalimier).

Nous pourrons donc adopter la ligne de conduite suivante : une première série de sept injections quotidiennes de o gr. 04 à o gr. 08 en une ou deux fois suivant les cas, dix jours de repos, une deuxième

série de o gr. 04 pendant sept jours pour consolider les résultats obtenus.

2° Novarsenobenzol

Le novarsenobenzol s’est montré très actif aussi entre les mains de Ravaut et Krolunitsky ; ces auteurs ne dépassent pas la dose de 30 centigrammes en une fois el font généralement dix piqüres séparées par des intervalles de quatre jours. |

de \

SARL

3 Médication émétino-arsenicale

Les deux médications précédentes sont loin de s’opposer l’une à l’autre. Au contraire on peut retirer les plus grands avantages de leur association tant au point de vue local: action sur l'amibe, qu’au point de vue général : action reconstituante sur le malade.

Comme le disent Ravaut et Krolunitsky : « 914 et émétine se complètent, l’action déprimante de l’un est corrigée par l’action eutrophique de l’autre et tous deux combattent efficacement l’amibe dysentérique. »

En effet, sous l'influence de la médication émétinoarsenicale on constate non seulement une atténuation du syndrome dysentérique et des signes d’hépatite, mais en même temps une modification de la nutrition dans un sens favorable : engraissement, amélioration du caractère.

Si l’on utilise la médication associée, la meilleure conduite à tenir est celle qu'a si clairement mise au point M. Ravaut et que nous rappellerons ici :

«Nous pratiquons une première série de quatre, injections intraveineuses de 30 centigrammes de novarsenobenzol, à quatre jours d’intervalle ; chacun des trois jours intermédiaires, nous injectons l’émétine aux doses croissantes de 4,6, 8 centigrammes. Puis nous suspendons l’hémétine et continuons les injections de novarsénobenzol aux doses de 30 cen-

a AN

tigrammes tous les quatre jours jusqu’à concurrence de 10, mais à partir de la septième nous reprenons de nouveau l'émétine et intercalons trois nouvelles séries d’émétine aux doses de 4,6, 8 centigrammes, entre les,trois dernières injections de novarsenobenzol. Le malade a reçu en quarante jours, 10 piqûres de novarsenobenzol et 18 injections d’émétine. »

« Nous ne dépassons pas la dose de 30 centigrammes de novarsenobenzol, car nous avons remarqué que les dysentériques, en raison de leur fatigue et

surtout des altérations du tube digestif, du foie, sup-

portent moins bien ce médicament que d’autres malades, surtout s’il s’agit de formes chroniques. »

C’est cette dernière méthode thérapeutique que nous avons utilisée avec des doses moindres néan-

moins. Nous n'avons pas dépassé 20 centigrammes

de novarsenobenzol et 4 centigrammes d’émétine. Les résultats de cette association émétino-arsenicale sont extrëémement brillants et comme les auteurs qui ont appliqué cetteméthode, nous avons constaté une amélioration rapide de nos malades.

Cure d'entretien. — Mais une fois l'hépatite amibienne guérie par le traitement d'attaque dont nous

avons résumé les grandes lignes, il ne. faut pas con-

sidérer le malade comme guéri de son amibiase.

C'est une affection essentiellement chronique.

Le malade reste porteur de kystes d’amibes sur u lesquels, ainsi que la montré M. Ravaut, les injec-.

tions de novarsenobenzol et d’émétine n’ont qu'une action limitée. Tant que ceux-ci existeront une nou-

CR

velle poussée d'hépatite est toujours à craindre. Aussi devrons-nous chercher à en débarrasser le malade et pour cela la meilleure voie d'absorption des médicaments est la voie buccale.

. Plusieurs médicaments peuvent être choisis. Les pilules de Segond sont d’un usage courant, mais leur action semble peu énergique. Voici leur composition :

Pondre"d'ipécarmmt ts LE 0 pr 0 ColomeRee en rer tte onto Extrait d'Opidm #2, 21: 0,p87.10:

NHGIRDIARC MAR AT TPE OS *

Pour une pilule : 4 à 6 par jonr.

Les meilleures préparations sont les capsules glutinisées d’iodure double d'émétine et de bismuth où d’ioduré double d'émétine et de mercure, à la dose de 12 centigrammes par capsule. Le malade en prendra une par jour pendant dix jours par mois.

On peut utiliser aussi les comprimés glutinisés de novarsenobenzol à la dose de o gr. 10 ou o gr. 20 que l'on fera absorber suivant les mêmes règles.

Grâce à ce traitement on pourra voir parfois les kystes amibiens disparaître des selles au bout d’un temps plus ou moins long. Mais tant que ce résultat ne sera pas obtenu on ne devra pas considérer Île malade comme guéri, une poussée d’hépatite sera toujours possible, et on devra continuer le traitement. |

Prophylaxie. — 11 faudra surveiller les eaux de

Page 1