‹ Les Formes Autochtones de l'Hépatite AmibienneChapitre 3 sur 22 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

De nombreux travaux ont été publiés au cours de

la guerre, sur l’amibiase. Ce furent tout d’abord les publications de Ravaut et Krolunitsky qui montrèrent la fréquence de la dysenterie amibienne sur le front des Flandres. A la suite de leurs travaux, les amibes furent recherchées systématiquement dans les selles de tous les malades porteurs d’une diarrhée chronique.

C’est ainsi que l’on put établir cliniquement l'entité d'une dysenterie chronique, dysenterie camouflée, au cours de laquelle jamais un syndrome dysenterique aigu ne met sur la voie du diagnostic.

. Ces recherches sur les formes de l’amibiase chronique autochtone ont été résumées dans lexcellente thèse de Charpin qui est le meilleur travail publié sur cette question.

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Il était tout naturel de se demander si les mani-

festations hépatiques de la dysenterie ne tiraient pas

de leur origine autochtone une symptomatologie spéciale, et si étant donnée l’évolution chronique de la lésion intestinale, les formes chroniques de l’hépatite ne seraient pas observées plus fréquemment que dans les formes coloniales. Nous avons eu l’occasion d'observer dernièrement un malade atteint d’hépatite amibienne abortive, telle qu’elle a été décrite par MM. Chauffard et Françon. Ce malade dont nous rapportons plus loin l’observation n’a jamais quitté la France, il a subi plusieurs fois un traitement par l’émétine et chez lui, les manifestations hépatiques, accompagnant presque toujours une crise dysentérique, sont nettement arrêtées dans leur évolution par le traitement. Nous verrons en comparant l’observation de ce malade aux observations de Françon qu’elle ne diffère que par quelques points de détail insignifiants.

Les observations de Rist et Rolland, de Ravaut et Charpin nous montrent des formes d’hépatite amibieune suppurée survenues au cours de dysenteries autochtones et superposables aux formes ciassiques de grands abcès du foie décrites par Bertrand et

Fontan.

Il semble donc a priori, que si les manifestations autochtones dela dysenterie amibienne se présentent sous une forme larvée et chronique, dont le diagnostic est parfois fort difficile, par contre l’amibe dysentérique trouve au niveau du parenchyme hépa-

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tique un terrain d'évolution qui fait que, malgré les circonstances défavorables du climat, elle évolue tout comme dans les formes aiguës observées aux colonies.

Enfin novws insisterons en terminant, sur les manifestations chroniques de l'hépatite amibienne. Nous avons eu personnellement l’occasion d’en observer un cas autochtone ; de plus on a pu voir se constituer chez une femme, ancienne coloniale, un syndrome d’hépatite absolument superposable aux formes d’hépatite chronique qui ont été décrites par MM. Poisseau et J. Hutinel. Chez celte femme il n'existait aucun antécédent dysentérique, les recherches n’ont jamais montré dans les selles que du Tetramitrus Mesnili et du Blastocystis. En rapprochant ce cas de celui qui vient d’être rapporté par F. Chaput (thèse Paris, 1920) on peut se demander si les parasites intestinaux qui jusqu'alors ne semblaient

.pas pathogènes pour le foie ne sont pas susceptibles

de déterminer des réactions hépatiques subaiguës que lexamen attentif de l’organe nous a appris à dépister.

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