‹ Les formes cliniques de la phtisie pulmonaireChapitre 12 sur 32 · Loc. cil., p · texte numérisé non relu

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Les phtisies aiguës en général. — La phtisie aiguë évolue tan lot par lésions massives étendues, mais à localisation assez exacte, lantôt par lésions disséminées. Au premier mode d'évolution appartiennent la phtisie galopante, avec ses destructions ulcéreuses rapides du tissu pulmonaire, la pneumonie caséeuse, la splénopneumonie tuberculeuse, qui englobent rapidement des blocs entiers, parfois même la totalité du poumon. Au deuxième mode d'évolution appartiennent la forme catarrhale avec ses lésions de bronchite, de bronchite capillaire, ses noyaux épars de bronchopneumonie, la forme suffocante où il semble que l'asphyxie n'attende pas les lésions, la forme pleurale où, à côté de la localisation prédominante sur la plèvre, les granulations tuberculeuses se disséminent de tout côté sur le poumon, et souvent le péritoine ou les méninges. Bien plus, la dissémination des lésions peut être lelle qu'aucun organe ne réagit en particulier : ce sont les formes infectieuses ne rentrant que par leur

pathogénie dans le cadre des phtisies pulmonaires rappelant cliniquement la fièvre typhoïde dans les formes graves, l'embarras gastrique ou quelque autre pyrexie atténuée dans les formes plus insidieuses.

Entre ces formes si variées, il serait superflu de rechercher quelques traits de ressemblance permettant de les comparer dans un résumé commun. Tout au plus doit-on insister sur l'état général, toujours remarquablement touché, même dans les formes les plus localisées en apparence. Il faut signaler aussi la tendance aux rémissions trompeuses, à la marche par poussées successives; ces rémissions plus ou moins complètes manquent rarement, même dans les cas les plus rapidement mortels. La gravité de la phtisie aiguë est telle que Bennett a résumé d'un mot l'histoire de ce mal incurable qu'il dédaigne d'étudier. Ce n'est pour' lui qu'une manière de mourir. On verra que, dans certaines formes en particulier, quelques guérisons exceptionnelles rendent le pronostic un peu moins désespéré. Un point important est enfin l'origine de ces poussées tuberculeuses aiguës. Pour les formes granuliques, elles sont bien rarement primitives. Les formes massives elles-mêmes semblent souvent le

résultat d'une exaltation subite dans la virulence de quelque foyer pulmonaire préexistant. Cette exaltation survient sous l'influence d'une bronchite, d'une rougeole, d'une coqueluche chez l'enfant, d'un refroidissement chez le vieillard. Chez l'adulte, ces formes aiguës se voient surtout après la grossesse et l'allaitement. Dans les cas mêmes où l'infection tuberculeuse semble primitivement aiguë, les causes occasionnelles d'exaltation de la virulence font assez rarement défaut. Quant aux formes granuliques, elles semblent presque invariablement le résultat d'une infection brusque partant d'un foyer caséeux ancien pulmonaire ou extrapulmonaire. Quelquefois, c'est à la suite d'une intervention chirurgicale, parfois c'est sous l'influence des causes occasionnelles déjà signalées, parfois même c'est sans cause apparente que se fait cette infection. Quand on le cherche bien à l'autopsie, ce foyer caséeux, comme l'a montré Buhl, fait rarement défaut. Il peut occuper des sièges très variables : poumon, cerveau, os, articulations, testicule, etc. Quand il peut être reconnu pendant la vie, on conçoit son importance pour le diagnostic. Son action pathogénique : infection directe ou préparation du terrain par la résorption des

toxines, comme le feraient supposer les expériences de MM. Straus et Gamaleia, a donné lieu à de longues discussions. Elles ne sauraient, malgré leur intérêt, être reproduites ici.

La phtisie galopante. — « La phtisie galopante, écrit Peter, est la phtisie chronique raccourcie, condensée, la phtisie chronique moins la durée. Les cavernes se creusent avec rapidité. De même les sueurs nocturnes, la diarrhée apparaissent dès le début, et la colliquation générale ne tarde pas. Le malade est phtisique d'emhlée. Parfois le temps manque au marasme et le malade meurt sans avoir sensiblement dépéri ». On peut aussi résumer d'un mot ce tableau clinique, en disant avec Granchcr et Hulinel' que la phtisie galopante brûle les étapes.

Ordinairement, le début rappelle celui d'un catarrhe bronchique aigu avec frissonnements, fièvre, toux sèche et fréquente, expectoration spumeuse et blanchâtre, douleurs thoraciques. Un seul signe en dehors des antécédents contribue à faire suspecter la gravité du mal : c'est l'amaigrissement rapidement progressif. Une

1. Gha.\ciif.ii et Hutinel. — Art. Phtisie, du dict. Dechambre, p. 6%.

quinzaine suffit en général pour qu'il n'y ait plus à garder d'illusion. Peu à peu les râles se condensent au sommet du poumon. Ils deviennent crépitants, puis cavernuleux. Les hémoptysies sont rares, mais l'expectoration devenue mucopurulente renferme des particules bourbillonneuseo opaques où l'on trouve de nombreux bacilles. Parfois une rémission semble se produire. Mais ces rémissions sont courtes, incomplètes. La températureunmoment abaissée s'élève de nouveau. « La maladie ' procède par poussées en quelque sorte subintrantes ». Le malade meurt au bout de deux à cinq mois. Il succombe dans le marasme le plus complet, présentant fréquemment des complica lions de muguet, de phlegmatia alba dolens.

Parfois aussi il meurt avec du délire et des accidents typhiques. Mais, entre cette forme qui dure six mois à peine et les formes chroniques, on trouve naturellement tous les intermédiaires. Souvent aussi, au lieu d'être primitive et de se développer en pleine santé, la phtisie galopante est secondaire et se greffe sur une phtisie, chronique préexistante. Parfois, c'est sous l'influence très nette d'un refroidissement, du

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