Mathieu. — Archives de médecine, Juin 1882, p
braies ou apoplectiques. On trouve, en un mot, cette infinie variété d'aspect clinique et de réactions individuelles qu'offrent les infections brusquea et intenses. Mais il est impossible d'insister sur ces diverses formes, qui s'éloignent de plus en plus de la phtisie pulmonaire.
IV. Les influences individuelles et les formes de la phtisie pulmonaire.
Les influences individuelles exercent sur la marche de la phtisie une influence prépondérante. C'est cette influence qui.au fond, domine l'évolution anatomique. En 1808, Béhier disait : « La cause véritable de celte altération (pulmonaire) et des désordres qui en sont la conséquence est toute entière dans la disposition de l'économie, disposition que nous ne voyons sûrement que par ses effets. Tout est dans le terrain et dans ses propriétés ». Malgré la découverte de l'origine bacillaire de la tuberculose, la phrase de Béhier est restée vraie. Cliniquement vraie aussi est restée cette autre phrase qu'il prononçait dans le même discours : « 11 faut une disposition particulière de l'économie,
pour que les diverses circonstances étiologiques déterminent la formation de tubercules ». C'est en raison de cette disposition particulière que l'on échappe ou que l'on succombe à la contagion presque journalière du bacille tuberculeux. C'est en raison d'elle que, la contagion une fois effectuée, la phtisie évolue sous telle ou telle forme.
C'est uniquement en se fondant sur ces influences individuelles qu'on a pu décrire des phtisies héréditaires, innées, accidentelles, qu'on a pu, en faisant intervenir l'âge, séparer les phtisies de l'enfant, de l'adolescent, de l'adulte, du vieillard. En tenant compte de diverses associations morbides, on a pu constituer les phtisies arthritiques, scrofuleuses, alcooliques, diabétiques, syphilitiques, hystériques, les phtisies compliquées de pneumoconioses ou survenant chez des cardiaques. Toutes ces variétés, malgré leur intérêt clinique, constituent-elles de véritables formes ? Leurs caractères sont souvent bien flottants, bien incertains. Fondées sur l'observation clinique seule, ces variétés sont, suivant l'expression de Pidoux, remplies comme elles de doutes et de peut-être. Cependant, leur importance pratique est telle, qu'il est impossible de ne pas en donner une brève descrip-
tion. Cette description aura d'ailleurs l'avantage de rapprocher souvent les formes chroniques ou aiguës, déjà précédemment décrites, et semblant peut-être, dans cette description, trop rigoureusement distinctes.
Phtisies héréditaires. — L'hérédité imprime, dans bien des cas, à la phtisie un cachet de gravité telle que cette influence étiologique lointaine mérite de constituer une forme spéciale. Les phtisies héréditaires sont les phtisies de l'enfance, de l'adolescence. Elles ont souvent une marche rapide, prenant le caractère de la bronchopneumonie tuberculeuse, de la phtisie galopante. La moins mauvaise des formes aiguës, la pneumonie caséeuse, est rare. Dans d'autres cas, plus lents comme évolution, la gravité de l'état général est, de bonne heure, disproportionnée, ainsi que l'a remarqué Pidoux 1 , avec la bénignité relative des lésions locales. Ces phtisies pardonnent rarement :
Phtisis hereditaria omnium pessima , disait Boerhaave. « La disposition vicieuse de l'organisme est, en elfet, à son maximum de puis-
i, Pinoux. — « fraité de la phtisie », p. 350,
sance '. Cette puissance toute spéciale de la diathèse héréditaire est d'autant plus forte, d'autant plus envahissante, que les ascendants et les collatéraux ont été frappés en plus grand nombre, et, lorsque les deux générateurs sont simultanément atteints au moment de la conception du produit, l'activité de la disposition originelle est véritablement indomptable ». Parfois on voit, suivant la remarque de Monneret, la gravité augmenter de génération- en génération et le pronostic devenir de plus en plus sombre. Il semble même, ainsi que l'a montré Landouzy, que l'athrepsie vienne souvent se joindre aux manifestations tuberculeuses plus directes pour décimer de bonne heure ces malheureuses familles. Peut-être ce tableau semblera-t-il un peu noir, sans doute; il est même chez les phtisiques héréditaires des formes plus atténuées, plus maniables. Mais il était indispensable de bien mettre en relief l'extrême gravité ordinaire, pour faire comprendre toute l'importance du traitement préventif, seul vraiment efficace dans ce cas particulier.
Phtisies innées. — L'innéité joue peut-être
1. Jaccold. — o Gurabilité et traitement île la phtisie pulmonaire ■>. Paris, 1881, p. 34.
diins la production et dans la marche de la phtisie un rôle plus important encore que l'hérédité. Schmidt, sur 100 phtisiques, en trouve 18 nés de parents valétudinaires, 34 nés de parents constamment malades, 24 nés de phtisiques avérés. « La tuberculose, écrit Jaccoud 1 , est l'aboutissant commun de toutes les détériorations constitutionnelles de familles et d'individus ». Syphilis, diabète cachectique, alcoolisme, mauvaises conditions hygiéniques des parents, consanguinité, etc., etc., rentrent dans ces détériorations ». C'est parmi ces fds de déchus, de cachectiques 2 , de vieux, de diathésiques, qu'il faut chercher les « candidats nés de la tuberculose parmi lesquels il y aura presque
autant d'élus que d'appelés » Commeévolu-
tion, ces phtisies innées se rapprochent des phtisies héréditaires. La forme granuleuse est cependant moins constante. La forme à mauvais état général prédominant sur les lésions locales, signalée par Pidoux, est particulièrement fréquente.
Phtisies accidentelles. — Peut-on, ainsi que l'a fait Pidoux, opposer à la phtisie hérédi-