‹ Les formes élémentaire de la vie religieuse, le système totémique en AustralieChapitre 165 sur 318 · Australian Aborigines, p. o · texte numérisé non relu

Australian Aborigines, p. o

3. II y eut certainement, chez les Gnanji, un temps où les femmes avaient une âme ; car il existe encore aujourd'hui un grand nombre d'âmes de femmes. Seulement, elles ne se réincarnent jamais ; et comme, chez ce peuple, l'âme qui anime un nouveau -né est une âme ancienne qui se réincarne, du fait que les âmes de femmes ne se réincarnent pas, il résulte que les femmes ne peuvent avoir d'âme. On peut, d'ailleurs, expliquer d'où vient cette absence de réincarnation. Chez les Gnanji, la filiation, après avoir été utérine, se fait aujourd'hui en ligne paternelle : la mère ne transmet pas son totem à l'enfant. La femme n'a donc jamais de descendants qui la perpétuent ; elle est finis familiae suse. Pour expliquer cette situation, il n'y avait que deux hypothèses possibles : ou bien les femmes n'ont pas d'âmes, ou bien les âmes de femmes sont détruites après la mort. Les Gnanji ont adopté la première de ces deux explications ; certains peuples du Queensland ont préféré la seconde (V. Roth, Superstition, Magic and Medicine, in N. Queensland Ethnog., n" 5, § 68).

4. « Les enfants, au-dessous de quatre ou cinq ans, n'ont ni âme ni vie future » dit Dawson. Mais le fait que traduit ainsi Dawson, c'est tout simplement Tabsence de rites funéraires pour les enfants en basâge. Nous en verrons plus loin la signification véritable.

LA NOTION d'amK 345

de cohérence et de précision. C'est qu'il s'agit d'une notion très complexe, où entrent une multitude d'impressions mal analysées dojat l'élaboration s'est poursuivie pendant des siècles, sans que les hommes en aient eu une claire conscience. Voici pourtant les caractères les plus essentiels, souvent contradictoires d'ailleurs, par lesquels elle se définit.

Dans un certain nombre de cas, on nous dit qu'elle a l'as pect extérieur du corps ^ Mais il arrive aussi qu'on se la représente comme de la grosseur d'un grain de sable; elle aurait des dimensions tellement réduites qu'elle pourrait passer par les moindrescrevasseset lespluspetitesfissures"^. Nous verrous qu'elle est, en même temps, conçue sous des espèces animales. C'est dire que la forme en est essentiellement inconsistante et indéterminée^; elle se modifie d'un instant à l'autre au gré des circonstances, suivant les exigences du mythe et du rite. La substance dont elle est faite n'est pasmoins indéfinissable. Elle n'est pas sans matière puisqu'elle a une forme, si vague soit-elle. Et en effet, même pendant cette vie, elle a des besoins physiques : elle mange et, inversement, elle peut être mangée. Il arrive qu'elle sort du corps et, au cours de ses voyages, elle se repaît parfois d'àmes étrangères'. Une fois qu'elle est complètement affranchie de l'organisme, elle est censée mener une vie tout à fait analogue à celle qu'elle menait sur cette terre : elle boit, mange, chasse, etc.^ Quand elle volette dans les branches des arbres, elle détermine des

i. Dawson, p 51 ; Parker, T/ie Euahlayi, p. 35 ; Eylmann, p. 188.

2. North. Tr., p. 542 ; Schûrmann, The Aboriginal Tribes of Por.l Lincoln, in Woods, p. 235.

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