Nat. Tr., p. 133; Strehlow, II, p
3. C'est, en grande partie, la localité où la mère croit avoir'conçu qui détermine le totem de l'enfant. Chaque totem, comme nous le verrons, a son centre, et les ancêtres fréquentent de préférence les endroits qui servent de centres à leurs totems respectifs. Le totem de l'enfant est donc celui auquel ressortit la localité où la mère croit avoir conçu. D'ailleurs, comme celle-ci doit se trouver plus souvent dans le voisinage de 1 endroit qui sert de centre totémique à son mari, l'enfant doit être le plus généralement du même totem que le père. C'est ce qui explique, sans doute, comment, dans chaque localité, la majeure partie des habitants appartiennent au même totem [Nat. Tr., p. 9).
n'existe pas, en Australie, de tribu où le nombre des phratries soit supérieur à deux.
Or, dans presque tous les cas où les phratries portent un nom dont le sens a pu être établi, ce nom se trouve être celui d'un animal; c'est donc, semble-t-il, un totem. C'est ce qu'a bien démontré A. Lang dans un récent ouvrage ^ Ainsi, chez les Gournditch-Mara (Victoria), les phratries s'appellent Tune Krokitch et l'autre Kaputch ; le premier de ces mots signifie kakatoès blanc, le second, kakatoès noir ^ Les mêmes expressions se retrouvent, en totalité ou en partie, chez les Buandik et les Wotjobaluk^ Chez les Wurunjerri, les noms employés sont ceuxdeBunjil et de Waang qui veulent dire aigle-faucon et corbeau *. Les mots de Mukwara et de Kilpara sont usités pour le même objet dans un grand nombre de tribus de la Nouvelle Galles du Sud°; ils désignent les mêmes animaux ^ C'est également l'aiglefaucon et le corbeau qui ont donné leurs noms aux deux phratries des Ngarigo, des Wolgal \ Chez lesKuinmurbura, c'est le kakatoès blanc et le corbeau ^ On pourrait citer d'autres exemples. On en vient ainsi à voir dans la phratrie un ancien clan qui se serait démembré ; les clans actuels seraient le produit de ce démembrement, et la solidarité qui les unit, un souvenir de leur primitive unité ". Il est vrai que, dans certaines tribus, les phratries n'ont
1. The secret of Ihe Totem, p. 159 et suiv. Cf. Fison et Howitt, Kamilaroi and Kurnai, p. 40 et 41; John Mathew, Eaglehawk and Crow ; Thomas, Kinship and Marriage in Australia, p. 52 et suiv.