‹ Les formes élémentaires de la vie religieuseChapitre 109 sur 322 · V. notamment Nat. Tr., p. 447, et Norlh. Tr., p · texte numérisé non relu

V. notamment Nat. Tr., p. 447, et Norlh. Tr., p

2. Strehlow, III, p. xur-xvn. Il arrive que les mêmes totems secondaires sont rattachés simultanément à deux ou trois totems principaux. C'est, sans doute, que Strehlow n'a pu établir avec certitude lequel de ces totems était véritablement le principal.

Deux faits intéressants, qui ressortent de ce tableau, confirment certaines propositions que nous avons précédemment énoncées. D'abord, les totems principaux sont presque tous des animaux, à très peu d'exceptions près. Ensuite, les astres ne sont jamais que des totems secondaires ou associés. C'est une preuve nouvelle que ces derniers n'ont été que tardivement promus à la dignité de totems et que, primitivement, les totems principaux ont été de préférence empruntés au règne animal.

3. Suivant le mythe, les totems associés auraient, pendant les temps fabuleux, servi à nourrir les gens du totem principal, ou quand ce sont des arbres, leur auraient prêté leur ombrage (Strehlow, III, p.xii ; Spencer et Gillen, Nat. Tr., p. 403). Le fait que le totem associé passe pour avoir été consommé n'implique pas, d'ailleurs, qu'il soit considéré comme profane ; car, à l'époque mythique, le totem principal lui-même était, croit-on, consommé par les ancêtres, fondateurs du clan.

4. Ainsi, dans le clan du Chat sauvage, les dessins gravés sur le chu-

par la part et l'intérêt que chacun d'eux prend aux rites de l'autre. I,es deux cultes ne sont encore qu'imparfaitement séparés ; c'est, très probablement, qu'ils ont commencé par être complètement confondus1. La tradition explique le lien qui les unit en imaginant qu'autrefois les deux clans occupaient des habitats tout voisins2. Dans d'autres cas, le mythe dit même expressément que l'un d'eux est dérivé de l'autre. On raconte que l'animal associé a commencé par appartenir à l'espèce qui sert encore de totem principal ; il ne s'en serait différencié qu'à une époque ultérieure. Ainsi, les oiseaux chantunga, qui sont associés aujourd'hui à la chenille witchetty, auraient été, aux temps fabuleux, des chenilles witchetty qui se seraient ensuite transformées en oiseaux. Deux espèces qui sont rattachées actuellement au totem de la fourmi à miel auraient été primitivement des fourmis à miel, etc.3. Cette transformation d'un sous-totem en totem se fait, d'ailleurs, par degrés insensibles, si bien que, dans certains cas, la situation est indécise et il est très malaisé de dire si l'on a affaire à un totem principal ou à un totem secondaire4. Il y a, comme dit Howitt à propos des Wotjobaluk, des sous-totems qui sont des totems en voie de formation5. Ainsi, les différentes choses qui sont classées dans un clan constituent comme autant de centres autour desquels peuvent se former de nouveaux cultes totémiques. C'est la meilleure preuve des sentiments religieux qu'elles inspirent. Si elles n'avaient pas un caractère sacré, elles ne pourraient pas être promues

rznga représentent l'arbre à fleurs Hakea qui est aujourd'hui un totem distinct (Spencer et Gillen, Nat. Tr., p. 147-148). Strehlow (III, p.xn, n. 4} dit que le fait est fréquent.

1. Spencer et Gillen, Norlh. Tr., p. 182 ; Nat Tr., p. 151 et 297.

Page 1