Preanimistic Religion, in Folk-lore, 1900, p
3. Ibid., p. 179. Dans un travail plus récent, The Conception of Mana (in Transactions of the Ihird International Congress for the History of Religions, II, p. 54 et suiv.), Marrett tend à subordonner davantage la conception animiste à la notion de mana. Cependant, sa pensée reste encore, sur ce point, hésitante et très réservée.
élément de leur physionomie ; car, suivant lui, ce serait tout simplement le caractère que nous attribuons à tout ce qui passe l'ordinaire, à tout ce qui nous inspire un sentiment de crainte ou d'admiration1. C'était presque revenir à la théorie naturiste2.
Peu de temps après, MM. Hubert et Mauss, entreprenant de faire une théorie générale de la magie, établissaient que la magie tout entière repose sur la notion de mana3. Étant donnée l'étroite parenté du rite magique et du rite religieux, on pouvait prévoir que la même théorie devait être applicable à la religion. C'est ce que soutint Preuss dans une série d'articles qui parurent dans le Globus* la même année. S'appuyant sur des faits empruntés de préférence aux civilisations américaines, Preuss s'attacha à démontrer que les idées d'âme et d'esprit ne se sont constituées qu'après celles de pouvoir et de force impersonnelle, que les premières ne sont qu'une transformation des secondes et qu'elles gardent, jusqu'à une époque relativement tardive, la marque de leur impersonnalité première. Il fit voir, en effet, que, même dans des religions avancées, on se les représente sous la forme de vagues effluves qui se dégagent automatiquement des choses dans lesquelles elles résident, qui tendent même parfois à s'en échapper par toutes les voies qui leur sont ouvertes : la bouche, le nez, tous les orifices du corps, l'haleine, le regard, la parole, etc. En même temps, Preuss montrait tout ce qu'elles ont de protéimorphe, l'extrême plasticité qui leur permet de se prêter successivement et presque concurremment aux