Année sociologique, t. VII, p. 108 et suiv
4. Der Ursprung der Religion und Kunst, in Globus, 1904, t LXXXVI, p. 321, 355, 376, 389 ; 1905, t. LXXXVII, p. 333, 347, 380, 394, 413.
emplois les plus variés1. Il est vrai que, si l'on s'en tenait à la lettre de la terminologie employée par cet auteur, on pourrait croire que ces forces sont pour lui de nature magique, et non religieuse : il les appelle des charmes (Zauber, Zauberkràfte). Mais il est visible qu'en s'exprimant ainsi il n'entend pas les mettre en dehors de la religion ; car c'est dans des rites essentiellement religieux qu'il les montre agissantes, par exemple dans les grandes cérémonies mexicaines2. S'il se sert de ces expressions, c'est, sans doute, à défaut d'autres qui marquent mieux l'impersonnalité de ces forces, et l'espèce de mécanisme suivant lequel elles opèrent.
Ainsi, de tous côtés, la même idée tend à se faire jour3. De plus en plus, on a l'impression que les constructions mythologiques, même les plus élémentaires, sont des produits secondaires4 et recouvrent un fond de croyances, à la fois plus simples et plus obscures, plus vagues et plus essentielles, qui constituent les bases solides sur lesquelles les systèmes religieux se sont édifiés. C'est ce fond primitif que nous a permis d'atteindre l'analyse du totémisme. Les divers écrivains dont nous venons de rappeler les recherches n'étaient arrivés à cette conception qu'à travers des faits empruntés à des religions très diverses et dont quelquesunes même correspondent à une civilisation déjà fort