‹ Les formes élémentaires de la vie religieuseChapitre 167 sur 322 · C'est l'expression employée par Dawson, p · texte numérisé non relu

C'est l'expression employée par Dawson, p

4. Strehlow, I, p. 15, n. 1 ; Schulze, toc. cit., p. 246. C'est le thème du mythe du vampire.

5. Strehlow, I, p. 15 ; Schulze, p. 244 ; Dawson, p. 51. Il est vrai qu'il est dit parfois des âmes qu'elles n'ont rien de corporel : d'après certains témoignages recueillis par Eylmann (p. 188), elles seraient ohne Fleisch und Blul. Mais ces négations radicales nous laissent

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bruissements et des craquements que perçoivent même les oreilles profanes1. Mais en même temps, elle passe pour être invisible au vulgaire2. Les magiciens, il est vrai, ou les vieillards ont la faculté de voir les âmes ; mais c'est qu'en vertu de pouvoirs spéciaux, qu'ils doivent ou à l'âge ou à une culture spéciale, ils perçoivent des choses qui échappent à nos sens. Quant aux individus ordinaires, ils ne jouiraient, suivant Dawson, du même privilège qu'à un seul moment de leur existence : c'est quand ils sont à la veille de mourir d'une mort prématurée. Aussi, cette vision quasi miraculeuse est-elle considérée comme un sinistre présage. Or, l'invisibilité est généralement regardée comme un des signes de la spiritualité. L'âme est donc, dans une certaine mesure, conçue comme immatérielle, puisqu'elle n'affecte pas les sens à la manière des corps : elle n'a pas d'os, disent les tribus de la rivière Tully3. Pour concilier tous ces caractères opposés, on se la représente comme faite d'une matière infiniment rare et subtile, comme quelque chose d'éthéré4, comparable à l'ombre ou au souffle5.

Elle est distincte et indépendante du corps puisque, dès cette vie, elle en peut sortir momentanément. Elle le quitte pendant le sommeil, pendant l'évanouissement, etc.6. Elle peut même en rester absente quelque temps, sans que la mort s'ensuive ; toutefois, pendant ces absences, la vie est amoindrie et elle s'arrête même si l'âme ne rentre pas au gîte7. Mais c'est surtout à la mort que cette distinction et cette

sceptique. Le fait qu'on ne fait pas d'offrande aux âmes des morts n'implique nullement, comme le croit Roth (Superstition, Magic, etc., § 65) qu'elles ne mangent pas.

1. Roth, ibid., § 65 ; Norih. Tr., p. 500. Il arrive ainsi que l'âme dégage des odeurs (Roth, ibid.} § 68).

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