Schulze, p
s'y reconnaissent1. » Il est vraisemblable que certains des traits dont est composé ce tableau ont été empruntés au paradis des missionnaires chrétiens2 ; mais l'idée que les âmes, ou tout au moins que certaines âmes vont au ciel après la mort, paraît bien être autochtone ; car on la retrouve sur d'autres points du continent3.
En général, toutes les âmes ont le même sort et mènent la même vie. Cependant, il arrive qu'un traitement différent leur est appliqué selon la manière dont elles se sont conduites sur terre, et l'on voit apparaître comme un premier dessin de ces compartiments distincts et même opposés entre lesquels se partagera plus tard le monde de l'au-delà. Les âmes de ceux qui, pendant leur vie, ont excellé comme chasseurs, guerriers, danseurs, etc., ne sont pas confondues avec la foule des autres ; un lieu spécial leur est affecté4. Parfois, c'est le ciel5. Strehlow rapporte même que, d'après un mythe, les âmes des méchants sont dévorées par des esprits redoutés, et anéanties6. Toutefois, ces conceptions restent toujours très imprécises en Australie7 ; elles ne commencent à prendre un peu de détermination et de netteté que dans des sociétés plus avancées comme celles d'Amérique8.