‹ Les formes élémentaires de la vie religieuseChapitre 210 sur 322 · Nat. Tr., p · texte numérisé non relu

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4. Entre Baiame, Bunjil, Daramulun, d'une part, et Altjira, de l'autre, il y aurait cette différence que ce dernier serait tout à fait étranger à ce qui concerne l'humanité ; ce n'est pas lui qui aurait fait les hommes et il ne s'occuperait pas de ce qu'ils font. Les Arunta n'auraient pour lui ni amour ni crainte. Mais, si cette conception a été exactement observée et analysée, il est bien difficile d'admettre qu'elle soit primitive ; car si Altjira ne joue aucun rôle, n'explique rien, ne sert à rien, qu'est-ce qui aurait pu déterminer les Arunta à l'imaginer ? Peutêtre faut-il y voir une sorte de Baiame qui aurait perdu son ancien prestige, un ancien dieu dont le souvenir irait en s' effaçant. Peut-être aussi Strehlow a-t-il mal interprété les témoignages qu'il a recueillis. Suivant Eylmann, qui n'est pas, il est vrai, un observateur compétent ni très sûr, Altjira aurait fait les hommes (op. cit., p. 184). D'ailleurs, chez les Loritja, le personnage qui, sous le nom de Tukura, correspond à l' Altjira des Arunta, est censé célébrer lui-même des cérémonies d'initiation.

5. Pour Bunjil, v. Brough Smyth, I, p. 417 ; pour Baiame, Ridley, Kamilaroi, p. 136 ; pour Daramulun, Howitt, NaL Tr., p. 495.

6. Sur la composition de la famille de Bunjil, par exemple, v. Howitt, NaL Tr., p. 128, 129, 489, 491 ; Brough Smyth, I, p. 417, 423 ; pour celle de Baiame, L. Parker, The Euahlayi, p. 7, 66, 103 ; Howitt, NaL Tr., p. 407, 502, 585 ; pour celle de Nurunderi, Taplin, The Narrinyeri, p. 57-58. Bien entendu, d'ailleurs, il y a toute sorte de variantes dans la manière dont sont conçues ces familles des grands dieux. Tel person-

du séjour qui lui est assigné, il est souvent identifié, ainsi que tous les siens, avec des étoiles déterminées1. On lui attribue, d'ailleurs, un pouvoir sur les astres. C'est lui qui a réglé la marche du Soleil et de la kune2 ; il leur donne des ordres3. C'est lui qui fait jaillir l'éclair de la nue et qui lance la foudre4. Parce qu'il est le tonnerre, il est également en relation avec la pluie5 : c'est à lui qu'on s'adresse quand on manque d'eau ou quand il en est trop tombé6.

On en parle comme d'une sorte de créateur : il est appelé le père des hommes et on dit qu'il les a faits. D'après une légende qui avait cours à Melbourne, Bunjil aurait fait le premier homme de la manière suivante. Avec de l'argile, il aurait fabriqué une statuette; puis il aurait dansé tout autour plusieurs fois, lui aurait soufflé dans les narines et la statuette se serait animée et se serait mise en marche7. D'après un autre mythe, il aurait allumé le Soleil ; la Terre se serait alors échauffée et les hommes en seraient sortis8. En même temps que les hommes9, ce personnage divin a fait les animaux, les arbres10 ; c'est à lui qu'on doit tous les arts de la vie, les armes, le langage, les rites tribaux11. Il est le bienfaiteur de l'humanité. Maintenant encore, il

nage qui est ici le frère est ailleurs appelé le fils. Le nombre des femmes, leurs noms varient avec les régions.

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