Id. Ibid., p
8. H. Hubert. Article Magia (Dictionnaire des Antiquités Daremberg
et Saglio).
ESSERTIER. 12
loux, ossements, couteaux, flèches, chez les Iroquois ‘. Les inscriptions cunéiformes, qui nous ont révélé un grand nombre d’exorcismes en usage chez les Assyriens”, nous apprennent que la statuette destinée à l’envoûtement n’esi pas faite avec n’importe quoi et n'importe comment. Le simulacre pur et simple ne saurait suffire : ce serait trop commode, semblent penser nos exorcistes. Ils apportent au simailia similibus d’importants correctifs. L’analogie est nécessaire, elle n’est pas suffisante. Il faudra donc confectionner la poupée des envoütements avec des substances déterminées — argile, bitume, suif, miel — de provenance également déterminée — bitume des bords du Naru, cuivre du pays du Naru... Parfois ces substances sont mélangées, mais elles le sont toujours selon des proportions rigoureuses : on voit ainsi poindre même la préoccupation du dosage, de la quantité, de la proportion. On détruit le charme en le sommant de se transporter dans des objets définis — oignon, datte, poignée de grains, toison de brebis — que l’on pèle, brûle, écrase, ou dans le corps d’un animal qui est ensuite tué.
Dans les rites oraux, les mots, le mètre, l’intonation, le geste, sont minutieusement prévus. Tel rite doit être dit tant de fois. Les incantations assyriennes destinées à exorciser un charme maléfique varient selon que l’auteur du maléfice est connu ou ne l’est pas. Dans le premier cas, il est « minutieusement et copieusement désigné », car « une force terrible va être déchaînée, il ne faut pas qu’elle s'égare sur un autre objet que celui qui est visé par le magicien * ». Une incantation très longue est