H. Hubert et M. Mauss. Op. cit., p
2. Fossey. La Magie assyrienne, p. 75 et suiv. 3-Hd ibid p.93;
consacrée presque tout entière à définir la sorcière, Une autre décritses faits et gestes. De même, lorsque l’on veut exorciser des démons, on donne leur signalement complet : noms, surnoms, manières d’être, méfaits habituels. Rien n’est négligé, aucune fatigue n’est épargnée pour désigner avec une absolue précision l’objet de l’exorcisme ou du contre-charme. Quand l’auteur du maléfice n’est pas connu, la règle prescrite par le manuel de l’exorciste assyrien fait penser à l'énumération cartésienne, ou « recherche de tout ce qui se rattache à une question donnée », et qui doit être « si diligente et si soignée que l’on puisse en conclure avec évidence et certitude que nous n’avons rien omis par notre faute » *. Pareillement, l’incantation doit énumérer tous les auteurs possibles du maléfice : dans l’incertitude, elle ira parfois jusqu’à nommer fous les démons. Ajoutons que, au rebours de ce qui a lieu pour les grimoires magiques du moyen âge, toutes les incantations assyriennes sont « clairement écrites et sagement composées »°, Presque toutes suivent « un ordre logique », qui est le suivant : description du mal, détermination des causes, exorcisme, constatation du succès. Faut-il en conclure cependant que la science positive est déjà esquissée dans cette magie sérieuse, réfléchie, disciplinée ? En fait, la magie assyrienne n’a eu aucune portée. Elle n’avait de la science que les qualités extérieures et secondaires : l'essentiel lui faisait défaut.
La magie hindoue ne s'est pas trouvée dans une situation plus favorable, malgré son extraordinaire complication. Le £auçika sûtra, qui est le rituel de
1. Descartes. Regulae ad directionem ingenii, règle VIL. Cf. la nuda enumeratio de Bacon Verulam (De Augm. NV, 2).