‹ Les Formes Légères De La Chlorose De La PubertéChapitre 13 sur 27 · ET · texte numérisé non relu

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Pour les Français qui connaissent les travaux d’'Hayem et en ont suivi l’évolution, il est évident que le grand pionnier de l’hématologie est responsable d’une certaine confusion.

Lorsqu'il édifia la chlorose dyspeptique, il le fit exclusivement avec des documents cliniques. Les chlorotiques dyspeptiques étaient, pour la plupart, vraiment de grands dyspeptiques. Et comme cette dyspepsie ne guérissait qu’exceptionnellement par le fer (qu’il ne donnait qu’à faibles doses), il Ja considérait volontiers, non comme un signe de chlorose, mais comme surajoutée à la chlorose.

Par la suite Hayem étudia le suc gastrique. Il s’aperçut que la plupart des malades qui étaient apeptiques ne présentaient que des symptômes minimes de dyspepsie («Il est rare que soit douloureuse cette forme de dyspepsie avec altération du chimisme gastrique »). Il s’aperçut aussi que les modifications du suc gastrique étaient une manifestation de la chlorose.

Il eut pu à ce moment maintenir sa description clinique de la chlorose dyspeptique et faire un chapitre nouveau sur l'estomac des chlorotiques. Il ne le fit pas; mais superposa la chlorose dyspeptique et la chlorose avec achylie ; ce qui l’amena, en réalité, à jeter bas sa description de la chlorose dyspeptique et à affirmer que « l’examen du suc gastrique est seul capable de donner au diagnostic la précision désirable ».

Cette attitude excuse ses successeurs d’avoir cru à une maladie nouvelle en présence d’anémiques du type chlorotique dont l’apepsie ou l’hypopepsie ne s’accompagnaient guère de symptômes dyspeptiques.

C’est en 1909, dans la Medizinische Klinik, que Knud Faber publie ses 12 cas d’achylie gastrique avec anémie

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dont une grande partie étaient des anémies hypochromes développées surtout chez des femmes et entre 20 et 40 ans C’est de ce mémoire que date le terme d’anémie hypochrome achylique ; l’affection a suscité de très nombreuses recherches.

Il est important de noter que la chlorose des jeunes filles peut parfaitement aussi être achlorydrique. D'après les documents d’Hayem, les âges des malades ayant un chimisme stomacal intact ou peu altéré sont compris entre 16 et 37 ans, la moyenne est 21 ans; lorsqu'il existe une modification profonde du chimisme, les âges s’échelonnent de 15 à 28 ans, la moyenne est 22 ans.

Il n’en reste pas mois qu'actuellement, et depuis une trentaine d'années, l’anémie hypochrome essentielle achylique, c’est-à-dire la chlorose avec achlorydrie ou hypochlorydrie, se voit surtout chez des sujets (presque exclusivement des femmes) d’un certain âge, encore que plus souvent chez des femmes réglées que chez des viellards : cet aspect correspond donc à la chlorose tardive d'Hayem, que cet observateur disait d’ailleurs habituellement dyspeptique.

D. — L'aspect actuel de la chlorose des jeunes filles : La chlorose légère

« Les chloroses typiques sont très rares, mais on trouve: des chloroses frustes ». Cette affirmation de N. Fiessinger est reproduite, sous diverses formes par la plupart des observateurs : Aubertin, J. Hallé, Louis Ramond

Quelle en est la fréquence ? Nous ne saurions le dire.

Les critères de la chlorose légère sont très différentes. suivant les auteurs et il n’est pas discutable qu'ayant

désappris la chlorose, beaucoup de médecins laissent passer les chloroses légères sans les soupçonner.

Notre Maître M. Paul Chevallier pense que sans être très fréquente, la chlorose légère se voit encore assez souvent.

Peut-être même, dit-il, cette chlorose est-elle plus fréquente aujourd’hui qu’elle ne l'était il y a vingt ans.

Il remarque que peu à peu les spécialités à base de fer ont été négligées ; elles ont passé de mode et sont maintenant remplacées dans la faveur des mamans par des extraits organiques d’animaux ou de plantes qui ne contiennet pas de fer ou seulement des traces infimes.

Mais l'hygiène et l’alimentation générale restent meilleures qu’elles n'étaient au milieu du XX siècle. Entravée dans son développement par ces facteurs sociaux, la chlorose, chez les jeunes filles, ne peut plus qu’exceptionnellement arriver à son acmé, elle reste modérée et ce sont des formes atténuées et même des formes sans anémie que l’on voit aujourd’hui.

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