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I. Aperçu du problème dans la chlorose classique

La question de la tuberculose dans la chlorose a sus-

cité d'innombrables travaux.

Avec M. Paul Chevallier, on peut résumer sous six

chefs les données classiques.

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1° Les chlorotiques francs ne deviennent pas tuberculeux :

Les faits sont si nets que tous les auteurs sont d’accord : quasi jamais la tuberculose ne vient compliquer une chlorose même très grave et persistante.

M. Paul Chevallier fait remarquer qu'il est de même pour toutes les autres anémies qu’elles soient primitives ou secondaires.

20 Les tuberculeux avérés ne deviennent pas chlorotiques.

Ici encore les auteurs qui ont regardé de près la question, sont d'accord. Sauf peut-être infimes exceptions, les tuberculeux aigus ou chroniques ne font pas secondairement des syndromes cliniques et anatomiques de la chlorose. La plupart des tuberculeux avérés, même pâles, ne présentent pas de signes nets d’anémie.

« On est parfois fort étonné, écrit Hayem, de constater que, chez des tuberculeux qui paraissent très anémiques, l’état du sang indique simplement une aglobulie du premier degré, sans altérations globulaires ou avec altérations faibles, telle qu’on la rencontre dans tous les cas symptomatiques ». Lorsqu'un tuberculeux devient franchement anémique, les signes cliniques de cette anémie ne ressemblent pas à ceux de a chlorose et l’aspect du sang est rarement du type chlorotique.

30 Les antécédents tuberculeux des chlorotiques.

Dans le Traité de médecine publié en 1892, A. Gilbert écrivait :

« Après Trousseau, différents observateurs, Lund, Virchow, Combasles et Moriez, Hayem, ont signalé la fréquence de la chlorose dans les familles où règne la tuberculose. Avec M. Hanot, nous avions été autrefois frappés de la justesse de cette constatation. Sur notre

conseil M. Jolly a repris dans sa thèse (Influence de la scrofulo-tuberculose sur le développement de la chlorose, Paris, 1890), le projet que nous avions formé. Il a rapporté 54 observations de chlorotiques prises à l'hôpital, personnelles ou par nous communiquées, dans lesquelles la tuberculose familiale sous toutes ses formes, a été minutieusement recherchée. De cette enquête, il est ressorti que, dans 25 cas, le père, la mère ou à la fois le père et la mère des malades avaient succombé à la phtisie pulmonaire, que dans 7 autres cas, les grands-parents, les oncles ou tantes, les frères ou sœurs, avaient été atteints de tuberculose ; que dans 8 autres cas, enfin, les malades elles-mêmes avaient offert des manifestations bacillaires. — En résumé, à supposer que cette statisitique soit l'expression exacte de la vérité, 46 fois sur 100 la chlorose se développerait chez des enfants issus de phtisiques, et 74 fois sur 100 dans des familles contaminées par la tuberculose. Encore devons-nous ajouter que les 14 malades, parmi les 54 sur lesquelles a porté la statistique de M. Jolly, dans les familles desquelles la tuberculose n’a pu être décelée, avaient presque toutes été, dans l’enfance, éprouvées par la gourme, les conjonctivites et autres accidents que la découverte du bacille de la tuberculose n’a pu arracher du cadre de la scrofule.

« La chlorose présente donc avec la tuberculose d’étroites affinités. L'interprétation du fait est malaisée. Si l’on veut bien toutefois reconnaître que la tuberculose est héréditaire, que son hérédité est non dans la transmission du germe, mais dans celle du terrain; pourrat-on concevoir, sans pénétrer dans l'intimité des phénomènes, que les enfants issus de souche tuberculeuse traduisent la décadence de leur race, entre autres façons,

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soit, par l'aptitude à la tuberculisation, soit par l'hypoplasie hématique qui constitue le substratum anatomique de la chlorose ».

49 L’anémie du début de la tuberculose n’est pas la chlorose.

L’anémie du début de la phtisie n’a rien de commun avec la chlorose vraie ; c’est par une confusion de langage qu'après Hayem quelques auteurs l’ont appelée chloroanémie tuberculeuse.

Voici comment s'exprime G. Hayem :

« Presque tous les médecins qui se sont occupés de la tuberculose ont été frappés de l’anémie chez leurs malades. Trousseau a remarqué que cette anémie semble disparaître avec le progrès des lésions pulmonaires et, depuis, nombre de cliniciens admettent l’existence d’une anémie spéciale au début de la phtisie. Est-ce cette anémie que nous désignons sous le nom de chloroanémie tuberculeuse ? En aucune façon. Dans l’immense majorité des cas, la grande pâleur que présentent les tuberculeux dès le début de leur affection, surtout lorsque celle-ci porte sur les poumons, et souvent pendant tout le cours de la maladie, n’est autre qu’une anémie symptomatique. Nous la décrirons plus tard à propos des lésions du sang chez les tuberculeux. C’est elle que divers médecins ont, avec raison, distinguée de la chlorose sous le nom de pseudo-chlorose (Hérard, Cornil et Hanot, par exemple) ».

99 La chloroanémie tuberculeuse d’ Hayem : association de chlorose et de tuberculose qui se développent simultanément.

€ Mais, continue Hayem, ce que les auteurs ne paraissent pas avoir reconnu, c’est qu’il existe dans certains

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cas une véritble association de la chlorose avec la tuberculose, distincte de l’anémie symptomatoque ordinaire.

« Bien que la chlorose franche, typique, se complique rarement de tuberculose, il est assez fréquent de voir les deux maladies se développer simultanément. Presque toujours, il s’agit d’une tuberculose pulmonaire, plus rarement d'une tuberculose ganglionnaire ou péritonéale . Comment expliquer cette sorte d'opposition apparente entre la rareté de la tuberculose consécutive à la chlorose et la fréquence de la chloroanémie tuberculeuse ? Il est probable qu’il existe deux catégories distinctes de malades.

« Dans la première, ceux-ci offrent une grande prédisposition à la chlorose, sans être prédisposés à la tuberculose. La chlorose survient à l’occasion d’une des causes que nous avons énumérées et, dans ce cas, la chlorose étant franche, bien caractérisée, la tuberculose secondaire est rare, le terrain chlorotique paraissant peu favorable au germe de la tuberculose.

« Dans une seconde catégories de faits, la prédisposition à la tuberculose domine ; mais il existe en même temps un fond chlorotique et la tuberculose devient la cause occasionnelle, déterminante de la chlorose … Dans les cas où la chloroanémie tuberculeuse se déclare chez la femme après 30 ans, on retrouve assez souvent dans les antécédents des malades la chlorose pure ou une forme quelconque de chloroanémie. Je n’ai pas tenu compte de ces faits quand j’ai dit que la chlorose confirmée se complique rarement de tuberculose; je n'ai parlé que des malades chez lesquelles j’ai constaté moimême la chlorose et que j’ai pu suivre longtemps.

« Les causes de cette maladie sont à peu près celles de

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